L'actualité

Notes à partir de Le blog de Sup'Biotech taguées avec 'cancer'

Ils font avancer la recherche : Helicobacter pylori

Une bactérie généralement inoffensive...

Bactérie découverte dans les années 1980, Helicobacter pylori colonise près de la moitié des estomacs de la population mondiale, avec toutefois des nuances importantes en fonction des pays : au Brésil, 90 % de la population est porteuse de la bactérie alors que la proportion n'est que de 25 % en France. Dans 85 % des cas, les porteurs d'Helicobacter pylori resteront asymptomatiques. Chez les 15 % restants, la bactérie pourra par contre déclencher des problèmes de santé allant des ulcères gastriques ou duodénaux au cancer de l'estomac dans les cas les plus graves.

...mais qui peut être responsable de graves complications

Dans cet épisode d' « Ils font avancer la recherche », Hilde de Reuse, qui dirige l'unité de Pathogénèse de Helicobacter de l'Institut Pasteur, présente les champs l'état des découvertes de son laboratoire. Du décryptage des mécanismes de résistance de la bactérie aux processus de mutation des cellules de l'hôte induits par cette dernière, tout est mis en œuvre pour lutter contre Helicobacter pylori. Les enjeux sont importants : les cancers gastriques sont la deuxième cause de mortalité par cancer dans le monde.

Ils font avancer la recherche

« Ils font avancer la recherche » est une série de vidéos réalisées par Sup'Biotech en partenariat avec l'Institut Pasteur, visant à améliorer la connaissance des enjeux et méthodes des chercheurs, qui en est à sa troisième saison. Prolongement des conférences mensuelles destinées au grand public, ces formats courts exposent de façon simple et accessible les sujets étudiés dans les laboratoires de l'Institut. Pour Sup'Biotech, à l'initiative du projet, c'est un moyen de soutenir la recherche en contribuant à la communication du célèbre établissement tout en améliorant la culture scientifique de ses étudiants.

De Sup'Biotech à la R&D

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Interview de Christophe Przybyla (Sup'Biotech promo 2010), ingénieur de recherche à l'INSERM.

Au sein d'une unité de recherche INSERM (U753 - Immunologie des Tumeurs, Institut Gustave Roussy), Christophe Przybyla (Sup'Biotech promo 2010), ingénieur de recherche, travaille sur un projet en collaboration étroite avec le Luxembourg (Unité d'hématologie expérimentale, Centre Hospitalier du Luxembourg) ainsi qu'avec d'autres unités de recherche françaises. Il revient sur son métier, son entrée dans la vie professionnelle et ses études à Sup'Biotech.

En quoi consiste votre poste actuel ?

Mon travail consiste à décrypter le rôle, et donc les effets, des micro-ARN secrétés (encapsulés au sein d'exosomes) par des cellules cancéreuses du poumon sous l'influence d'un stress hypoxique (faible teneur en dioxygène) sur le microenvironnement tumoral. En effet, dans les tumeurs solides, la présence de zones d'hypoxie, due à une vascularisation défaillante au sein de la tumeur, est un facteur-clef dans le développement tumoral et dans la résistance aux traitements. Je gère ce projet de recherche dans son ensemble, des hypothèses de recherche à la rédaction et la présentation des résultats, en passant par le travail en laboratoire.

Quel aspect de votre métier vous passionne le plus ?

Ce qui m'attire, c'est l'innovation, ce sentiment d'être à la pointe des avancées en matière d'étude, d'analyse et de traitement anticancéreux. C'est également le sentiment de faire quelque chose d'important, d'apporter une contribution à l'édifice de la recherche. Voilà ce qui nous permet de débuter chaque journée avec le sourire.

Que vous a apporté Sup'Biotech ?

En quelques mots : une formation ultra-professionnalisante. En sortant, je me suis senti prêt à intégrer une équipe, une entreprise, quel que soit le corps de métier. À travers les projets réalisés dans divers domaines des biotechnologies, le large spectre de matières enseignées et les travaux en équipe, nous avons été préparés à être extrêmement polyvalents et dotés d'une forte capacité d'adaptation. C'est un critère-clef recherché par les entreprises de nos jours. Enfin, la formation nous a permis de découvrir nos limites, ce qui peut s'avérer très utile au cours d'une carrière.

Pourquoi avoir choisi cette carrière ?

Par passion. Tout d'abord, lors de mes deux premières années à Sup'Biotech, j'ai éprouvé un réel attrait pour les applications Santé/Pharma des biotechnologies, plus particulièrement dans le domaine de la cancérologie. Le stage d'initiation aux techniques de laboratoire que j'ai effectué en 2e année a conforté dans ce choix. J'ai ensuite réalisé mes deux stages suivants dans la continuité du premier, une régularité qui m'a permis d'obtenir ce poste quelques années plus tard.

En parallèle de ces expériences personnelles, les conseils des professeurs et intervenants extérieurs au sein de Sup'Biotech ont été déterminants dans mes choix et je leur en suis aujourd'hui reconnaissant.

Quelles sont vos perspectives et vos ambitions pour la suite ?

Je pense m'éloigner du travail de paillasse et me concentrer sur des activités plus en amont de la recherche pure. J'espère pouvoir occuper un poste répondant à mes envies d'ascension, par exemple dans une startup, alliant ainsi les notions de structure à taille humaine et pleine innovation. Je souhaite désormais acquérir une solide expérience de recherche dans un contexte industriel/privé avant d'envisager de diriger des équipes et, qui sait peut-être ouvrir ma propre structure !

Pourriez-vous décrire la manière dont vous voyez le monde des biotechnologies et son évolution ?

Les biotechnologies sont amenées à occuper une part de plus en plus importante dans l'industrie et dans les hautes technologies en général. Les startups en biotechnologies seront le moteur de l'innovation : on constate par exemple que les Big Pharma abandonnent peu à peu la R&D au profit des startups. Ces dernières ont vocation, après preuve de concept, à être rachetées par de grands groupes ayant la puissance financière nécessaire pour valider les innovations et les amener jusqu'au stade de produits. Je suis donc très confiant quant à l'avenir de ce secteur ; s'il existe un domaine qui tend à se développer, par opposition aux « vieilles industries », ce sont bien les biotechnologies.

Déchiffrer la chorégraphie du système immunitaire

Interview de Philippe Bousso, responsable de l'unité dynamique des réponses immunes de l'Institut Pasteur.

Interview de Philippe Bousso, responsable de l'unité dynamique des réponses immunes de l'Institut Pasteur. Son travail porte sur l'étude du fonctionnement du système immunitaire dans des contextes de maladies infectieuses ou de cancer.

Le système immunitaire peut maintenant être étudié en profondeur grâce à des techniques d'imageries très puissantes. Dans cet épisode, Philippe Bousso décrit l'activité de recherche de son unité sur le fonctionnement de ce système dans des contextes de maladies infectieuses. Ces études permettent de comprendre comment les cellules tueuses du système pénètrent dans une tumeur et comment celle-ci contre-attaque. Les nouvelles techniques d'imagerie  jouent alors un rôle essentiel, en permettant de suivre les interactions des cellules en temps réel.

<h2>Institut Pasteur - Philippe Bousso - Le système immunitaire</h2> <p></p>

Prolongement des conférences mensuelles destinées au grand public, les formats courts publiés sur le site de Sup'Biotech dans le cadre de la collaboration "Ils font avancer la recherche" exposent de façon simple et accessible les sujets étudiés dans les laboratoires de l'institut.

Ces vidéos viennent agrémenter tous les quinze du mois la partie "actualités" de Sup'Biotech, rejoignant simultanément les vid

Le plus important partenariat signé avec une société de biotech française

libertestatue.jpgLe laboratoire pharmaceutique américain Bristol-Myers Squibb et le marseillais Innate Pharma ont annoncé le 6 juillet un accord de licence sans précédent sur un médicament d'origine biologique en développement dans le domaine de l'immuno-oncologie. Le montant total de la transaction pourrait atteindre 465 millions de dollars, avec un versement initial de 35 millions de dollars. C'est l'accord de licence le plus important jamais conclu à ce jour avec une biotech française en termes financiers. Un signe de dynamisme pour le secteur français des biotechnologies.

Il s'agit d'un accord mondial pour le développement et la commercialisation de l'IPH2102, un nouvel anticorps en phase I de développement dans le traitement du cancer. Selon cet accord, Innate Pharma accordera à Bristol-Myers Squibb les droits exclusifs mondiaux pour le développement, la fabrication et la commercialisation de l'IPH2102 et des composés de structure voisine bloquant les récepteurs KIR qui inhibent en partie l'action des cellules de défense de l'organisme.

Une collaboration majeure

Cette collaboration est une bonne nouvelle pour les futurs diplômés de Sup'Biotech, selon Vanessa Proux, la directrice de l'école: « Les Etats-Unis étant actuellement leader dans le secteur des biotechnologies, ce partenariat illustre le positionnement stratégique des entreprises françaises de biotechnologies sur le plan mondial et représente une belle preuve de confiance en la capacité d'innovation française. De plus, il s'inscrit dans un nouvel état d'esprit des grands groupes pharmaceutiques initié notamment par Sanofi : accorder sa confiance aux PME des biotechnologies en multipliant les collaborations sur les programmes de R&D et en les impliquant de manière significative. La chimie est en train de céder progressivement sa place à la biologie dans l'élaboration des médicaments. Enfin, l'accord entre Innate Pharma et Bristol-Myers Squibb marque un tournant décisif dans le développement des bio médicaments, domaine d'application des biotechnologies prometteur dans lequel les diplômés de Sup'Biotech pourront trouver naturellement leur place. »


Portrait d'étudiant : Arnaud Papin, le choix de la médecine personnalisée

Quand le chercheur s’allie au commercial dans l’intérêt de tous.


Arnaud Papin, 22 ans, (Promotion 2010) termine sa cinquième année à Sup’Biotech, après s’être spécialisé en marketing. Il revient sur son expérience au sein de l’Inserm, où il a découvert le concept de la médecine personnalisée, et a pu mettre à profit les techniques apprises en cours.


Arnaud : « Dans la majorité des cas, pour qu’une avancée scientifique arrive un jour aux patients, il y a un processus de développement long et coûteux, que seules des entreprises privées peuvent assumer. Or, la logique veut que ces dernières n’investissent que dans des innovations protégées par un brevet et répondant à un marché qui permettra un retour sur investissement. En l’absence de protection industrielle, les concurrents qui n’ont pas de frais de recherches et développement à amortir, sont en mesure de proposer un service ou un produit à coût réduit, dès l’autorisation de mise sur le marché : un scénario évidemment inacceptable pour toute entreprise innovante.


Pourtant, aujourd’hui la recherche publique française n’est pas complètement adaptée à la valorisation de ses recherches et à leur transfert vers l’industrie. En effet, les chercheurs ont pour priorité de partager leurs connaissances en publiant le plus rapidement possible leurs résultats scientifiques dans des revues spécialisées. Si ces résultats sont portés à la connaissance du publique avant une demande de brevet, celui-ci ne pourra être obtenu. D’autre part, les entreprises recherchent des innovations qui ont un potentiel marketing. Malheureusement, les chercheurs, bien qu’habitué à présenter et mettre en valeur leurs recherches au sein de la communauté scientifique, ne sont pas vraiment formés à présenter  leurs innovations d’une manière « parlante » aux investisseurs potentiels. Au final, ce sont donc les patients qui subissent, en ne bénéficiant pas de ces avancées scientifiques, faute d’une entreprise prête à investir dans ces innovations, soit par manque de protection, soit par manque de potentiel marketing observé. D'où l'intérêt d'un entourage polyvalent autour des blouses blanches.


Il y a donc un réel besoin de profils comme le mien, capable de sensibiliser les chercheurs, d’évaluer l’intérêt marketing de leurs recherches, de les accompagner dans leurs démarches de protection intellectuelle et, dans le meilleur des cas, de transfert de technologie ou de création d’entreprise.
C’est donc dans ce contexte que je suis arrivé en 3ème année dans l’unité Inserm « Génomique Fonctionnelle des Tumeurs Solides » (Institut Universitaire d’Hématologie, hôpital Saint-Louis) mais absolument pas pour "faire de la paillasse" : j'ai aidé les chercheurs qui avaient déposé des brevets à trouver un marché et j’ai réfléchi avec eux aux méthodes à déployer pour que la technologie découverte arrive un jour aux patients. Il s’agit d’une véritable révolution de la médecine avec une approche novatrice du traitement des pathologies : la médecine personnalisée.


On entend par médecine personnalisée l’utilisation de nouvelles méthodes d’analyse moléculaire visant à assurer une meilleure prise en charge de la maladie dont souffre un patient, ou encore d’évaluer une prédisposition à cette maladie. Nous avons chacun des particularités au sein de notre génome, par conséquent, les maladies évoluent différemment d’un patient à un autre. D’autre part, chaque patient métabolise plus ou moins bien une molécule thérapeutique, ce qui influence l’efficacité d’un traitement.
Mon équipe s’est spécialisée sur les tumeurs du foie. Si l’on considère les tumeurs malignes, communément appelé cancer, il n’y a pas qu’une forme de cancer mais différentes formes. Ces formes peuvent être divisées en sous-groupes, prenant en compte l'expression des gênes de la tumeur. Chaque sous-groupe possède ses propres caractéristiques, tant aux niveaux des symptômes que des gènes: les classer nous permet d'affiner le diagnostic et donc le pronostic vital. J’ai espoir qu’un jour le diagnostic des tumeurs, basé sur les gènes, permettra une prise en charge personnalisée du patient : le bon traitement, au bon moment et au dosage optimal, permettant la meilleure réponse, tout en limitant les effets secondaires.

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 image d'illustration
Ma formation à Sup'Biotech correspond exactement aux besoins des chercheurs : je deviens un professionnel complémentaire de leur travail.  En troisième année, j'ai démarré sur place un jour par semaine et je poursuis mon travail avec les équipes depuis deux ans maintenant. Sur le terrain, j'ai complété ma formation : la propriété intellectuelle d'une découverte, comment la protéger, à quel prix et sous quelle forme. J’ai pu aussi aborder les questions de remboursement de ces tests, ou encore l’aspect éthique que l’utilisation du génome humain représente. Il faut garder à l'esprit qu'entre une découverte en laboratoire et la sortie sur le marché il peut s'écouler dix à quinze années : identification des biomarqueurs, études de validation, test diagnostic ou theranostique (alliance entre le diagnostic et la thérapeutique), essais cliniques, autorisation de mise sur le marché et enfin vente au public concerné. C'est un travail de longue haleine."

 


1 Personalized Medicine Coalition. Position de principe.

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