Les étudiants de 1re année ont effectué leur premier workshop photo. Interview de Klavdij Sluban, leur professeur de photographie, sur cet atelier de pré-rentrée.
Pendant une semaine, du 26 septembre au 1er octobre, les étudiants de 1re année d'e-artsup ont réalisé des séries de photos en étant encadrés par leurs quatre professeurs spécialistes du sujet : Klavdij Sluban, Diana Lui, Céline le Guyader et Matthieu Cousquer (e-artsup promo 2011). Interview de Klavdij Sluban.
Quel était l'objectif de ce workshop ?
Les étudiants ont pu durant cette première semaine mettre les deux pieds dans l'école, en investir les lieux et en même temps en découvrir l'esprit.
En investir les lieux grâce aux espaces multiples offerts par l'école, qu'il s'agisse de la salle de modèle - un grand atelier loft offrant des conditions de studio, des étages inférieurs très photogéniques - décors inespérés présentant un chaos bien ordonné, des salles repeintes et baignées de lumières naturelles ou artificielles, de la salle des ordinateurs dans laquelle les élèves ont pu réaliser des images et les retravailler. En une semaine, l'utilisation de cet espace a permis aux étudiants d'être plongés dans l'ambiance d'une agence de création en touchant à tous ses niveaux : de celui de photographe à celui de directeur artistique. Ils ont pu à la fois lire, interpréter, réaliser, utiliser une image.

Extrait de "Jeux d'ombre", par Claire Dujardin, Maxime Houver et Fred Gaempio
Ce faisant, ils ont pu découvrir l'esprit de l'école, l'esprit des lieux, dédiés à la création. Les étudiants étaient immergés dans l'éthique de l'école, avec une très forte emphase sur l'aspect technique. D'autre part, on leur avait laissé une vraie liberté, notamment dans le choix du thème, pour favoriser leur désinhibition, une plus grande prise de risque. Les étudiants ont découvert la différence qu'il y avait avec le lycée, la nécessité de s'auto-discipliner, de compartimenter son temps, de s'assigner une fin, de travailler en équipe. Ils ont pu explorer une palette d'outils qui sera creusée et redéployée tout au long de l'année.

Second extrait de "jeu d'ombres"
Comment s'est déroulé l'atelier ?
Les étudiants ont dû travailler par groupes de trois ou quatre, à un rythme soutenu, de 9 h à 18 h tous les jours de la semaine.
Nous, les professeurs, étions là pour encadrer les élèves en installant l'état d'esprit de l'atelier, en intervenant de manière ponctuelle pour répondre à des questions techniques ou sur des points de détail précis selon notre domaine de spécialité. Nous avons organisé aussi une série de briefings et de débriefings. Enfin, nous avons été vigilants à la régularité du travail, à la rigueur, à la discipline, essentielles à la création. Il s'agissait de favoriser une création débridée dans un cadre maîtrisé.

Extrait de "Jacky la patate", par Laurine Devergne, Maylis Boute, Thibaut Algi et Félix Maillot.
Quelques sorties ont également été organisées au musée des arts premiers, à la galerie de l'évolution, à la serre du jardin des Plantes, à la galerie de paléontologie ou encore à la fondation Henri Cartier Bresson afin d'enrichir les étudiants de connaissances extérieures et de les plonger dans un univers d'ambiances et de création.
Quels ont été les résultats de cet atelier de pré-rentrée ?
Tous les résultats ont été réalisés avec notre aide et sous notre contrôle. La finalité était de saisir l'aspect politique et transgressif de l'image. Il était important que les élèves sachent décrypter une image et l'utiliser à une certaine fin, sachent construire un discours, un message avec une photo. Pour pouvoir ensuite plus tard construire des publicités sensibles, intelligentes et porteuses. Les futurs donneurs de message ont une lourde responsabilité.

Extrait de "Clearblue", par Claire Mariani, Manon Lapert, Juliana Berckmans et Mhamed Benchebana
Les étudiants ont présenté des images qu'ils ont travaillées ponctuellement, des photographies qu'ils ont travaillées sous forme de petits films avec du stop-motion (ndlr : animation image par image), des photos disposées sous forme de diaporamas. Le fait qu'une même image soit déclinée leur permettait de prendre conscience de la lecture multiple que l'on peut avoir à partir d'une image identique, et du choix personnel que cela implique. Leur domaine de prédilection, leur sensibilité, pourront les conduire ensuite à se spécialiser sur différents sujets, tels que l'urbanisme ou encore le développement durable...d'où l'importance de leur laisser une certaine liberté, qui participera à leur permettre de mieux définir leurs goûts.

Second extrait de "Clearblue"
De ce point de vue, l'exercice a été réussi, et ce premier workshop a donné lieu à de très belles réalisations, qui se sont distinguées par leurs qualités de créativité, d'inventivité solidaire, d'aboutissement et d'audace.