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| novembre 2006 »

12 septembre 2006

Rodrigo SEPULVEDA (SR 1995)

Interview réalisée en 2003

rodrigosepulvidaVous avez crée RISC Partners, une société de capital investissement. Pouvez- vous nous parler de votre parcours ?

Après l’EPITA (promotion SR 1995), j’ai passé près de 5 ans chez KPMG, dont 3 ans chez KPMG Peat Marwick, en tant que consultant en système et organisation et près de 2 ans chez KPMG Consulting France. Pour mémoire, fin 1998, les associés français de KPMG Peat Marwick ont vendu la société à CSC. C’est alors que 65 d’entre nous avons préféré remonter une structure française de conseil au sein de KPMG International en France.
Notre positionnement marché alors a été plus autour du conseil de direction, et j’ai monté la première équipe de conseil en stratégie Internet chez KPMG. Je suis passé Manager en 1999, responsable de toutes les activités e-business chez KPMG Consulting, coordinant également les équipes de KPMG Corporate Finance et KPMG Fidal (notre société d’avocats).
Mi-2000, KPMG Consulting aux Etats-Unis décide de se séparer des activités audit de KPMG et de s’introduire en Bourse. Le réseau étant organisé sous forme de franchises, KPMG Consulting Inc (KCI), qui deviendra BearingPoint, rachète quelques bureaux dans le monde et coupe tous liens avec les autres bureaux, dont la France.

Ainsi j’ai quitté KPMG et j’ai rejoint très vite Gemini Consulting en tant que Directeur pour co-créer une équipe d’ingénierie d’affaires, et de montage de projets autour de gros consortiums industriels. J’y suis resté un peu moins d’un an, suite à la fusion de nos activités avec Cap Gemini et Ernst Young.

Pendant mes premières années chez KPMG, j’ai suivi les cours de l’IAE de Paris en cours du soir, et j’y ai décroché le DESS CAAE-MBA. Je suis aujourd’hui vice-président de l’association des anciens élèves de l’IAE de Paris (20,500 anciens élèves), responsable des partenariats avec les organisations professionnelles.

Après Gemini, j’ai souhaité reprendre une formation m’orientant plus vers l’entrepreneuriat et la finance : j’ai donc suivi le programme MBA de l’INSEAD à Fontainebleau, avec un échange d’un trimestre à la Wharton School, de l’université de Pennsylvanie à Philadelphie.

Enfin j’ai crée l’activité de RISC Partners fin 2002 à mon retour des USA.

Pouvez- vous nous décrire en quelques mots l’histoire de RISC Partners ?

RISC Partners est un jeu de mots sur notre activité, qui inclue le capital risque, mais également le rachat d’entreprises avec effet de levier.

Cependant, il y a également un deuxième jeux de mots : chez RISC Partners, je suis RS (Rodrigo Sepulveda) et mon associé est IC (Ivan COMMUNOD - un autre ancien de l’EPITA - promo 95, spécialisation TCOM).
Notre métier est la production de sociétés : au même titre qu’un producteur de cinéma va lire un livre, un journal ou discuter avec quelqu’un et qu’il va se dire qu’il ferait bien un film sur un thème, Ivan et moi décidons de lancer une société sur un thème particulier.
Comme le producteur de cinéma qui va alors co-écrire le scénario, pré financer son film en vendant ses droits aux chaînes de TV, recruter le réalisateur et les acteurs, et veiller à la bonne marche du tournage, RISC Partners va écrire les business plans, effectuer la levée de fonds auprès d’autres capitaux privés (nous investissons également nous-mêmes), recruter les cadres dirigeants, monter les opérations.

Nous intervenons en général en 2 temps :

  En phase très amont : soit nous décidons de créer de toutes pièces le projet, soit nous nous associons à des entrepreneurs qui en sont pratiquement à l’élaboration du business plan. Nous nous occupons alors de ce que nous appelons la « production de la société » : modélisation financière, levée de fonds, recrutement, mise en place des opérations, etc... Aujourd’hui, nous faisons évoluer ce modèle pour la production de filiales clé en mainss pour le compte de très grands groupes (média et distribution).
  En reprise d’entreprises en difficulté. C’est ma spécialité. Ce sont des reprises d’entreprises en redressement judiciaire voire même en liquidation judiciaire. Même si nous partons avec un actif existant, il s’agit alors vraiment d’une stratégie d’entrée de marché, assimilable aux phases amont d’un projet. Nous regardons ici surtout des entreprises industrielles ; j’ai ainsi beaucoup travaillé en 2003 sur des reprises de sociétés de porcelaine à Limoges et des arts de la table.

Pour vous citer un exemple, en très étroite collaboration avec le PDG fondateur, Ivan et moi avons lancé fin 2002 la société Glowria.fr (spécialisé dans la location de DVD en ligne). Bien que partie troisième sur son marché, Glowria est aujourd’hui n°1 sur le marché français et a gagné de nombreux prix et labels : label Innovation de l’ANVAR (octobre 2003), Trophée Meilleure société en Amorçage à Capital-IT Autumn 2003 (seule société citée deux fois pour les prix car aussi finaliste pour le Trophée meilleur potentiel de développement), Masters 2004 de la création d’Entreprise au Sénat (janvier 2004). Nous sommes membres de la FEVAD (le syndicat de la profession), avons des deals formidables avec Philips, Carrefour, AOL, etc.

Pourquoi avez vous fait le choix de construire une société de capitaux privés ?

Il y a 3 raisons :

  •   L’indépendance : nous avions envie de créer une société dans laquelle nous seuls décidons des projets que nous voulons porter et de la manière dont nous voulons les réaliser. Ivan a un passé de près de 10 ans d’entrepreneur (Commonway, ICway, Factoris) et se sent très à l’aise dans ce modèle. De mon côté, j’ai plutôt eu un parcours d’entrepreneur au sein de grands groupes, et il était arrivé le moment de sauter le pas.
  • Le métier : le capital investissement (avec toutes ses étapes, du capital-risque, au LBO) est un secteur qui nous intéresse passionnément. Nous seulement nous rencontrons au quotidien des gens formidables avec un passion créatrice, une volonté d’innovation, et un moral d’acier, mais nous pouvons également les aider à les mettre en oeuvre. De même pour nos idées. C’est pourquoi nous avons inventé le concept de « producteurs de sociétés ». C’est un peu comme un capital-risqueurs mais dans le sens inverse : nous choississons les thèmes qui nous intéressent ainsi que les entrepreneurs avec lesquels nous travaillons. Nous n’attendons pas que les gens viennent nous voir, même s’ils sont les bienvenus. En ce moment, par exemple, nous créons un regroupement de sociétés dans le monde de la reconnaissance vocale ; nous avons recherché les dossiers plutôt que d’attendre que les gens viennent nous voir.
  • Le retour sur investissement : nous espérons que cette société deviendra à terme plus lucrative pour nous que de toute autre activité pour nous dans d’autres sociétés.

Quels facteurs ont été déterminants dans la réussite de ce projet ?

Je pense que c’est la complémentarité de l’équipe. Comme dans toute création de société, si on s’associe avec quelqu’un, il faut qu’il y ait tout d’abord une confiance mutuelle absolument totale : sur RISC Partners, Ivan et moi partageons la signature bancaire ; Ivan peut faire autant de choses bonnes ou mauvaises que moi je peux en faire.
C’est fondamental. En outre, il faut qu’il y ait complémentarité ; il ne faut pas que l’on se marche sur les pieds. Ivan habite en Espagne, il gère l’Europe du Sud, moi j’habite Paris et je gère l’Europe du Nord. Lui fait beaucoup de technologie, moi je fais plutôt les médias, la distribution et l’industrie. Lui fait plutôt les amorçages amont, alors que je fais surtout les reprises en difficulté et les retournements dans les grands groupes.
Ce sont les deux facteurs vraiment importants.

Ensuite ce sont des critères hexogènes : j’ai un parcours en tant que Consultant en stratégie dans de grosses sociétés, et j’ai également un peu cumulé les diplômes. J’ai une connaissance de gestion organisationnelle assez approfondie.
Ivan, de son côté, après avoir monté un certain nombre d’entreprises, a toute l’expérience de l’entrepreneur terrain : gestion d’équipes de plus de 100 personnes, gestion de la trésorerie au quotidien.
Nous nous retrouvons enfin sur le thème de la négociation, où nous sommes tous les deux redoutables.

RISC connaît-il des concurrents ?

Ils peuvent se compter sur les doigts de tous les habitants de Paris !
Le marché du capital investissement se structure suivant les étapes du financement de la croissance d’une boite : Friends & Family, Business Angels, Venture Capital (ou capital-risque), Private Equity (ou capital développement), LBO (ou investissement avec effet de levier), etc.
Sur notre capacité à investir, nous sommes plutôt dans la catégorie des Business Angels : ce sont des gens qui possèdent plus ou moins un gros patrimoine ; en général ce sont des cadres expérimentés qui ont quitté de grosses sociétés.
Nous en avons un certain nombre dans Glowria, par exemple. Ce sont des gens qui accompagnent de très près les entrepreneurs. Les Business Angels sont plusieurs milliers en France, qui se regroupent en diverses associations.

Ensuite nous sommes plus ou moins concurrents avec tous les autres corps de métier que nous exerçons en tant que producteurs : avec les leveurs de fonds (bien que nous pensons plutôt travailler avec eux dorénavant), les consultants en stratégie et organisation, les recruteurs, les architectes systèmes, etc.

Pas trop dur de combiner vie professionnelle et vie personnelle ?

Mon fils est né lors de mon premier trimestre à l’INSEAD, et je l’ai très peu vu la première année. A présent je travaille beaucoup plus souvent à domicile (lorsque je ne suis pas en déplacement) et je peux le voir plus souvent pendant la journée. C’est formidable de le voir grandir comme cela.
Ivan travaille également aussi à domicile et de temps en temps je le vois passer dans le champ de la webcam (nous faisons des visioconférences ou appels téléphoniques sur Internet de manière quotidienne).
En revanche en terme d’équilibre de couple, cela n’est pas forcément évident.

Ce sont les aléas de ce métier.

Surfez vous régulièrement sur le net ?

J’ai 3 PC sur mon bureau et les 3 sont branchés en permanence sur Internet.

Qu’aimez vous sur Internet ?

Ce que j’aime le plus c’est d’avoir immédiatement une information, on a accès à une foule d’informations à laquelle on n’aurait pas accès si le net n’existait pas.
Je reçois tous les quarts d’heure une mailing liste, j’ai le Deal Book du New York Times, The Economist, Business Week, des alertes de CBS MarketWatch sur des société que je suis et qui sont cotées à la bourse de New York dès qu’une information devient disponible, etc.

Plus d’excuse donc pour ne plus être informé sur le marché !

A contrario, que détestez vous ?

Ce que je déteste le plus est le SPAM. J’ai 8 boites aux lettres, et dans chacune, je dois recevoir 300 à 400 spams car j’ai fait l’erreur il y a quelques années de mettre mon e-mail sur des sites. J’utilise à présent une solution de mailblocks.com qui fonctionne presque bien.

Utilisez vous le réseau des anciens pour promouvoir votre société ? 

C’est plutôt Ivan qui utilise le réseau des anciens de l’EPITA, car il travaille plus que moi sur les aspects technologiques.

A titre d’exemple, quand on a lancé une société spécialisée dans la reconnaissance vocale ; Ivan a contacté un copain de promotion, David Vincent qui était dans le même secteur et qui a rejoins le projet en tant que directeur commercial Europe et patron pour la France. Ivan voit beaucoup les anciens de l’EPITA, moi beaucoup moins.

En revanche je vois un peu plus les anciens de l’IAE de Paris, et suis très souvent en contact avec mes camarades anciens de l’INSEAD.

Pour les contacter :
  Rodrigo SEPULVEDA
  Ivan COMMUNOD

Patricia QUEMIN (GL 1992)

Responsable des Ressources Humaines chez Steria

patriciaquemin_200FORMATION

Quel a été votre parcours avant EPITA ? Avez-vous effectué un 3ième cycle ?

Avant l’EPITA j’ai fait une prépa intégrée à l’ESIEA.

Avez-vous poursuivi vos études après l’EPITA ou avez- vous travaillé tout de suite après ? (éventuellement à la suite de votre stage de fin de cursus, y-a-t-il eu embauche ou proposition)

Après l’EPITA je suis partie faire un Master au Stevens Institute of Technology, donc je n’ai pas fait de stage de fin d’étude.

Quelles dominantes de la formation EPITA vous ont le plus servi dans votre parcours professionnel ?

Les matières en rapport avec ma spécialisation (GL) comme la gestion de projet.

Votre travail actuel est- il toujours en relation avec la spécialisation EPITA ?

Pas du tout.

STERIA

Quel parcours vous a mené à STERIA ?

Après 5 ans chez un éditeur de logiciel et suite à un retour de congé de maternité un peu difficile, j’ai décidé de me réorienter. J’ai fait un bilan de compétences et ai décidé de me tourner vers les Ressources Humaines. D’abord dans un cabinet de recrutement pendant 1 an puis chez Steria.

Comment devient-on responsable des Ressources Humaines après avoir fait l’EPITA ?

Très bonne question ! Je n’ai jamais voulu faire de l’informatique à terme. Je savais donc par avance que l’informatique me servirait de "passeport" uniquement.
Il s’agit de savoir se reconvertir au bon moment (1998 était une bonne année) et de saisir les opportunités. Tout est question d’opportunités dans une carrière. Pouvoir également bénéficier de formations.

Quelles sont les qualités requises pour occuper ce genre de poste ?

Avoir tout d’abord un bon relationnel, être rigoureux.

Pourquoi avoir choisi STERIA ?

Je voulais rentrer dans une SSII afin de capitaliser sur mes connaissances informatiques tout en me formant sur le métier des RH. Steria correspondait à l’image que je souhaitais d’une entreprise : humaine. Toutes les SSII ne pouvaient pas prétendre détenir cette valeur.

Quels sont les collaborateurs de STERIA ?

A 80% des ingénieurs en informatique.

STERIA connaît-elle des concurrents ?

Bien sûr ! Toutes les grosses SSII comme : Cap Gemini, Sopra Group., Unilog...

En quoi pensez-vous aider le plus vos clients ?

Steria est considérée comme une entreprise technique.
Cette expertise technique est reconnue par nos clients. Nos solutions et nos engagements sont fiables.

En tant que femme Voyez-vous des avantages ou des inconvénients à être une femme dans votre parcours ?

Dans mon parcours RH, c’est indéniablement un avantage d’être une femme.

Dans le milieu de l’ingénierie en informatique y-a-t-il une parité homme/femme au niveau des salaires ?

Chez Steria oui. En tout cas à l’embauche. Malheureusement certains évènements (maternité) freinent encore l’évolution salariale des femmes.
Il y a de plus encore trop peu de femmes à des postes de direction ("Est-ce une volonté des hommes de ne pas leur ouvrir ces postes, ou est-ce simplement parce qu’il y a peu de candidates ?").

Comment conciliez-vous vie familiale et vie professionnelle ?

Le mieux possible : dès mon entrée chez Steria il y a plus de 6 ans, j’ai négocié à mon embauche un 4/5ème et je m’y suis tenue. C’est ma bouffée d’oxygène. Pour rien au monde je n’y renoncerai. Même si parfois c’est dur de tout faire rentrer dans 4 jours . Mon poste est identique en terme de charge de travail que les autres DRH. Cela implique donc quelques soirées à travailler à la maison.

Quels sont vos sites Internet préférés ?

Le site Opodo.com, pour partir le plus souvent possible en vacances...

Merci et bonne continuation Patricia !

Propos recueillis par Olivia SIRVENT.

Alexandre KRIVINE (SR 1992)

Interview réalisée en 2003, Alexandre Krivine était alors Consultant pour Alcatel

alexandrekrivine1. Vous êtes sorti de votre cycle ingénierie en 1992. Qu’avez-vous fait suite à votre formation à l’EPITA ? Avez-vous poursuivi vos études ? Si oui, ces études étaient elles dans le même domaine ?

Non, car j'avais fait des études avant l'EPITA. J'ai en effet suivi un cursus Math sup/Spé à Paris (Janson de Sailly) et intégré l'Ecole Nationale Supérieure D'Agronomie avant d'aller à l'EPITA. J'ai également une maîtrise de Génétique d'ORSAY.

2. Votre formation au sein de l’EPITA vous a-t-elle servi dans votre cours professionnel ou avez-vous complètement changé d’orientation ?

J'ai toujours considéré l'EPITA comme une école d'application et la formation dispensée à l'Ecole a été très importante dans ma vie professionnelle compte tenu du domaine dans lequel j'ai toujours évolué, c'est-à-dire l'Internet et les Telecoms.

3. Parlez-moi en quelques mots de votre carrière professionnelle. Quels sont les domaines auxquels vous avez été affecté ? Quels sont ceux que vous avez préférés et à l’inverse, quels sont les éléments qui ont été les plus difficiles dans votre vie professionnelle ? (Vie professionnelle et vie familiale, recherche d’emploi, évolutions de poste, déplacements, changement de statut…)

 

Contrairement à ma formation initiale, j'ai toujours travaillé dans l'informatique et les télécommunications. J'ai également fait du développement logiciel et réseau pour Thomson au début de ma carrière. Je crois que le moment le plus difficile reste le redémarrage d'une nouvelle activité car l'incertitude est alors totale. J'ai heureusement réussi à marier vie professionnelle et vie personnelle car autrement, je pense que cela serait devenu très difficile.

4. Vous avez été Fondateur et Président de la société Right Vision pendant 5 ans. Comment êtes vous parvenu à un telle statut ?

J'ai même créé deux sociétés avant RIGHT VISION, que j'ai revendues au groupe VIVENDI et CEGETEL en 1997.
J’ai créé RIGHT VISION après avoir dirigé l'Internet du groupe CEGETEL pendant 3 ans. J’étais parti d'un simple constat qui était que l'Internet était beaucoup trop compliqué pour les PME et qu'il leur manquait une « boîte à tout faire » qui pourrait régler toute leur problématique Internet sans aucune connaissance technique.

5. Qu’est-ce qui vous a permis d’intégrer un tel poste ? Quelles sont pour vous les qualités requises ?

J'ai toujours occupé ce poste en tant que fondateur de la société. Pour diriger une société, il faut surtout une bonne dose de courage et une résistance au stress importante. Il faut bien évidemment des qualités de « meneur d'hommes » et être capable de définir une stratégie globale pour son entreprise par delà les connaissances techniques que l'on peut avoir. Il faut, pour terminer, s'entourer d'une excellente équipe de direction car on ne peut pas travailler seul de manière optimale à la direction d'une entreprise et ce même, si vous avez le dernier mot.

6. Etes-vous satisfait de votre poste actuel ? Y a-t-il encore aujourd’hui une liaison avec votre spécialisation ?

Je suis actuellement consultant pour ALCATEL et je m'apprête à redémarrer une nouvelle activité dans le domaine de... l'Internet. Ma spécialisation étant Systèmes et Réseaux à l'EPITA, il y a toujours un lien car je travaille autour de l'Internet et des télécommunications en général.

Pouvez-vous me parler plus précisément de cette nouvelle activité que vous évoquez ?
Non, c'est encore confidentiel à ce stade. Cela devrait être dans la presse lors du premier trimestre 2006.

7. Regrettez-vous ce poste de Président / Fondateur ? Pourquoi ?

Non, je ne le regrette nullement. J'ai cédé ma société à un grand groupe, il était donc normal que ma société soit intégrée au sein de la structure et que mon poste disparaisse dès facto. Cela correspond à une étape qui permettra également de développer la technologie provenant de Right Vision à une autre vitesse et avec une autre répartition géographique.

8. Pour terminer, avez-vous des conseils à donner aux nouveaux anciens de l’EPITA ?

De manière évidente, travailler beaucoup pour réussir mais également se maintenir en permanence au fait des technologies qui évoluent très vite en ce moment.

Jordane ELMASSIAN (SRS 2003)

Interview réalisée en 2004, Jordane Elmassian était alors consultant chez Deloitte & Touche

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Vous travaillez actuellement chez Deloitte & Touche LLP. Pouvez- vous nous parler de votre parcours professionnel depuis votre sortie d’EPITA ?

A ma sortie d’EPITA j’ai entrepris un Master of Science in Information System à Stevens Institute of Technology (2003-2004), au cours duquel j’ai assisté le docteur Suzanne Wetzel sur un projet de sécurisation du protocole de communication sans fil Bluetooth.

Trois mois avant la fin de mon Master j’ai commencé ma recherche d’emploi. Parmi les entretiens que j’ai pu obtenir l’un était avec Deloitte & Touche LLP. Ce fut le bon ! En effet, deux mois plus tard je recevais mon contrat de travail.

Cela fait maintenant un an que je suis Consultant Sécurité Deloitte & Touche LLP à New York.

Pouvez- vous nous décrire en quelques mots Deloitte ?

Deloitte est une des "Big Four" !

Aux USA il existe quatres sociétés d’Audit : Price Waterhouse Cooper, Ernst&Young, KPMG et Deloitte.

Ces sociétés emploient la majorité des "Certified Public Accountant", experts comptables certifiant les résultats financiers des entreprises cotées en Bourse.

Ceci est le rôle premier des sociétés d’Audit telle que Deloitte. Leur deuxième corps de métier étant le Consulting.

Deloitte se découpe en plusieurs entités :

  • Deloitte & touche LLP : Entité chargée de l’audit, des taxes, de la comptabilité et d’un éventail de services appelé "Enterprise Risk Services" (dont le département "Security Services Group" dont je fais parti).
  • Deloitte consulting : Entité fournissant les services de conseil à la manière d’une SSII.
  • Deloitte & touche USA : Entité fournissant les services de fusion et acquisition.

Ce découpage est dû aux nouvelles lois américaines de 2002 qui ont contraint les sociétés à séparer leurs activités de conseil et d’audit dans des entités bien distinctes.

L’élaboration de ces réglementations fait suite aux affaires de malversation ayant touchées plusieurs grands groupes américains il y a quelques années, dont Worldcom ou encore Enron.

Deloitte est en fait une marque qui sert à regrouper sous une seule enseigne l’ensemble de ces services. Les sociétés décrites ci-dessus sont des entités privées et indépendantes. L’ensemble des sociétés Deloitte emploie 120 000 personnes dans le monde entier. Le volume de revenu total sur l’année 2004 était de 16.4 milliard de dollars.

Comment avez-vous été recruté ? Quels sont les profils recherchés par Deloitte ?

J’ai été recruté à la suite de la venue de Deloitte sur le campus de Stevens lors d’un Forum entreprises.

J’ai participé à l’organisation de ce Forum. A cette occasion, j’ai rencontré le représentant de Deloitte. J’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec lui et lui raconter mon parcours. Par la suite, j’ai obtenu un entretien d’embauche chez Deloitte.

Deloitte recherche des profils techniques avec expérience professionnelle. Ils priviligient surtout les candidats à l’aise à l’oral et qui ont la notion du service client. Deloitte, c’est avant tout une société de service plaçant les intérêts du client en priorité !

Mon expérience à 3IE et les compétences que j’ai pu acquérir sur différents projets m’ont permis d’accéder à cet emploi.

Quel poste occupez-vous chez Deloitte ? Quelles sont vos principales missions ?

J’occupe un poste de Consultant sécurité. Je travaille sur diverses missions. Dans le cadre de missions d’audit, par exemple, je suis amené à m’occuper des controles informatiques dans le cadre de la loi Sarbanes Oxley. Mes autres missions peuvent relever de la conduite de projets ou encore du design de prototypes.

Qui sont les grands clients de Deloitte aux USA ? Quelles sont leurs préoccupations actuelles ?

Les grands clients de Deloitte font partie des grandes sociétés internationales dans le domaine bancaire, industriel ou des services informatiques.

Quels sont les principaux risques encourus par vos clients ?

Les risques principaux sont les risques qui ont pour conséquence de fragiliser la santé financière d’une entreprise. C’est-à-dire les fraudes et incapacités à produire.

Depuis les affaires Enron et Worldcom, il a été déterminé que les plus gros risques encourus par une société venaient avant tout de l’interne (malveillance).

Comment gérez-vous la sécurité chez vos clients ?

Mon département a été régulièrement employé pour renforcer les contrôles informatiques liés à l’article 404 de la loi Sarbanes Oxley (Management Assessment of Internal Controls). Rentrée en vigueur le 15 novembre 2004, cette réglementation touche notamment les systèmes de stockage. Elle requiert la mise en oeuvre de procédures et de structures de contrôle interne sur les dispositifs de reporting financier, et tient la gestion de l’entreprise pour responsable en cas d’absence de contrôle.

Cette législation impose aux sociétés cotées en Bourse d’avoir un certain nombre de contrôle humain, mais aussi informatique. Elle rend responsable les exécutifs de ces sociétés en leur demandant d’attester du bon fonctionnement de leur compagnie. Deloitte sécurise les contrôles informatiques en menant des Audits approfondis des systèmes informatiques financiers comme les ERP (Entreprise Ressource Planing).

D’autre part, Deloitte est contractée par ses clients pour des missions variées, telles que le développement de systèmes de sécurité ou la mise en place de nouvelles solutions prêtes à l’emploi.

Le besoin de sécurité et de compétences n’a jamais été aussi grand. Qu’avez-vous l’impression d’apporter à vos clients ?

Si je peux exprimer un point fort acquis au cours de ma formation à l’EPITA, c’est sans aucun doute la capacité à analyser diverses situations et à réagir en conséquence. En effet, il est nécessaire, pour mener à bien les projets réalisés à EPITA, d’avoir l’esprit d’analyse. La difficulté augmente lorsqu’on se retrouve à plusieurs sur les projets. De nombreux paramètres entrent alors en jeu. Les erreurs de conception sont multipliées lorsque le nombre de participants au projet augmente. A force d’essais et d’erreurs chaque étudiant développe et construit sa propre méthode d’analyse. C’est cette même méthode d’analyse que je délivre régulièrement à mes clients.

Quelles technologies utilisez-vous ?

Les technologies utilisées dans mes tâches journalières sont les technologies entourant les systèmes de gestion de bases de données (DataWarehouse, Data Mining,...), les systèmes de gestion d’utilisateurs (Identity Management), et les ERP.

A l’inverse de 3IE, les corporations de Deloitte utilisent des technologies ayant quelques années de maturité. Ce qui est plus rassurant pour les clients de Deloitte. Mais je dois dire que mon expérience à 3IE était beaucoup plus excitante dans le sens où elle m’a permis d’être sans cesse en éveil sur l’actualité des TIC, de détecter et d’analyser l’impact des technologies émergeantes afin de positionner 3IE en amont des acteurs du domaine, mais aussi de savoir maîtriser rapidement ces technologies à fort potentiel.

Comment envisagez-vous votre avenir ?

A cour terme, je souhaite continuer mon expérience à l’internationale. J’aimerai travailler dans quelques années en Asie pour le compte de Deloitte afin d’y découvrir une toute autre culture et un environnement de travail radicalement différent.

A l’issue de cette expérience acquise en Asie, j’envisage de revenir en Europe pour l’Espagne. Je parle suffisamment espagnol pour y travailler quelques années.

Sur le plus long terme, je ne sais pas encore où je vais aller. Je garde à l’horizon le fait que je devrais un jour m’installer définitivement quelque part et au soleil si possible !

Est-ce que l’évolution de carrière aux USA est la même qu’en France ? Et au niveau de votre salaire ?

L’évolution de carrière aux USA n’est pas la même qu’en France. La compétition y est plus intense et le "turn-over" y est à son maximum.

En conséquence les entreprises doivent récompenser les employés qu’elles souhaitent conserver. Les employés américains changent de travail tous les 2 à 5 ans, ce qui diversifie leurs expériences, leurs compétences et les rend de ce fait plus attractifs au regard des acteurs du marché.

J’ai commencé en Février 2003 avec un salaire de $55K, soit $5k en dessous du salaire moyen attribué à un employé sortant d’un Master.

Après 6 mois chez Deloitte et au vu de mes performances, mon salaire a été revu rapidement à la hausse (+5,5%).

A la suite des performances du département "Security Services Group" (SSG), dont je fais parti, nous avons bénéficié d’une seconde augmentation de (+5.5%).

Mon salaire brut actuel est de $62 K. Je m’investis énormément afin d’être promu au poste de Senior Consultant en Septembre 2005 :-)

Merci Jordane et bonne continuation pour la suite...