Le secteur de l'énergie : vivier pour les ingénieurs
Dans un domaine aussi sensible que celui de l'énergie, les investissements se font sur du long terme et la crise financière n'a que peu d'incidence sur les recrutements. La constitution de grands groupes énergétiques et leur volonté de diversifier leurs activités donnent des perspectives intéressantes à l'emploi dans ce secteur. De nombreuses opportunités sont à saisir pour les ingénieurs.
Les plans de recrutement des quatre géants de l'industrie
Depuis quelques années, le secteur de l'énergie a pris une importance cruciale, dopé aussi bien par l'inflation des besoins de la planète (en charbon, en hydrocarbures, en uranium...) que par la concurrence sévère à laquelle se livrent les grands groupes. Dans ce domaine, la France est particulièrement bien placée, avec pas moins de quatre géants : EDF, ACERGY, AREVA et TOTAL.
Ainsi, en 2009, le groupe Areva, spécialisé dans les mines d'uranium et les chantiers de centrales nucléaires devrait embaucher entre 10 000 et 12 000 salariés au sein de ses filiales internationales dont 4000 en France. Dans le seul hexagone, 2 500 de ces salariés seront des ingénieurs. Les activités du groupe sont essentiellement situées à l'étranger (Canada, Niger, Namibie, Finlande, Chine).
Le groupe EDF, qui mise beaucoup sur l'innovation, fait de la Recherche & Développement une priorité pour 2009. Il tablera sur un recrutement de 1000 ingénieurs en France dont 500 pour le nucléaire. La compagnie s'intéresse également aux jeunes étudiants issus d'écoles d'ingénieurs en leur proposant des VIE (volontariat international en entreprise) qui leur permet de collaborer à de grands projets.
Total, qui affiche une santé insolente en ces temps de crise, annonce le recrutement de 600 ingénieurs en France pour 2009 contre 150 pour la société Acergy, acteur mondial en forte expansion dans l'industrie parapétrolière.
Les énergies renouvelables ont le vent en poupe
Tous ces acteurs annoncent ainsi des programmes de développement soutenus dans les énergies renouvelables. Tandis qu'Areva privilégie la filière éolienne, Total par exemple a opté pour le solaire. Le temps de l'énergie prodigue et bon marché est définitivement révolu, et des axes de diversification sont naturellement souhaités.
Que ce soit dans le solaire thermique, le solaire photovoltaïque, le bois-énergie, l'éolien, la géothermie, les biocarburants, le biogaz..., toutes les filières des énergies renouvelables constituent un vivier d'emplois diversifié, capables d'absorber des professionnels compétents. C'est ce que prétendent le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et le rapport du MITRE (Monitoring and Modelling Initiative on the Targets for Renewable Energy). Les estimations chiffrées sont plutôt impressionnantes : la France qui fait travailler actuellement environ 40 000 personnes dans les énergies renouvelables devrait en compter 75 000 de plus en 2010, selon le SER, voire 243 000 d'après le rapport du MITRE.
Dans cette perspective, les écoles d'ingénieurs, n'ont évidemment d'autres choix que celui de mettre leur programme au diapason car les opportunités pour leurs étudiants seront très importantes. L'ESME Sudria qui forme des ingénieurs généralistes a depuis longtemps adapté ces programmes en fonction des besoins des entreprises. L'option de spécialisation « Systèmes et énergie » accorde une place importante aux systèmes associés aux énergies nouvelles et renouvelables.
A noter que les besoins mondiaux en énergie devraient croître de 55% d'ici 2030. Selon le rapport annuel de l'Agence Internationale de l'Energie, la demande sera satisfaite à 84% par les carburants fossiles et à 2% par les énergies renouvelables si la politique énergétique n'évolue pas. Les profils recherchés se spécialisent donc : chefs de projet, ingénieurs mécaniciens, électroniciens, électriciens, géographes, biologistes, géologues ou encore ingénieurs construction.