Une maison à énergie positive
L’habitat est l'un des plus gros consommateurs de ressources naturelles et participe de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre qui affectent les changements climatiques. Les maisons écologiques apparaissent donc comme une solution pour limiter les dégâts sur l’environnement. Zoom sur ces nouveaux modes d’habitation.
Construire écologique signifie généralement mettre en œuvre des matériaux naturels et recyclables, une isolation renforcée, un chauffage moins polluant, des capteurs solaires, une récupération d’eau de pluie. Un nouveau confort qui résulte avant tout de la conception bioclimatique : construire avec le climat, tirer parti de la topographie, rechercher des formes compactes, une orientation plein sud de l’habitat…
L’expression « maison à faible consommation énergétique » désigne donc une construction neuve (ou rénovée) dont la consommation énergétique est inférieure aux exigences légales. Au sein de cette famille, ont trouve la maison bioclimatique, qui dépense peu d’énergie en optimisant les apports extérieurs, la maison passive, à très faible consommation énergétique sans utilisation conventionnelle d'un chauffage, et enfin celle à énergie positive qui en génère plus que ses besoins.
Maison passive et maison bioclimatique
Ancêtre de la maison passive, la maison bioclimatique consomme environ 40 à 50 kWh/m² contre 15kWh/m² pour sa petite sœur. Elle utilise le climat et la nature comme des composants actifs des limitations de ses besoins en énergie et ses émissions de gaz à effet de serre. La maison bioclimatique est une maison dans laquelle les besoins énergétiques sont assurés en tirant le meilleur parti des énergies naturelles telles que le solaire, l’énergie thermique, la circulation naturelle de l’air dans la maison.
Le concept de maison passive est assez récent et vient d’Europe du Nord où la sur-isolation des bâtiments répond à la rudesse du climat. Il fait suite à une réflexion visant à réduire les consommations énergétiques inutiles dans la maison. Le terme de passif vient du fait que la maison est chauffée passivement sans apport de chauffage conventionnel. Atteindre ce standard passe tout d’abord, comme pour le bioclimatique, par une grande compacité de la maison et une orientation intelligente : la valorisation de l’énergie solaire accroît l’autonomie du bâtiment, réduisant ainsi sa consommation.
Avec une maison passive, l’isolation est telle que l’air froid ne peut pas entrer et que l’air chaud reste à l’intérieur : la maison est enfermée dans un cocon d’isolants en évitant au maximum les ponts thermiques.
Maison à énergie positive
La dénomination de maison à « énergie positive » désigne simplement une construction dont le bilan énergétique est positif, c'est-à-dire qu’elle produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Il faut pour cela se doter d’équipements tels que pompes à chaleur, toit photovoltaïque, chauffage solaire…
La maison à énergie positive est souvent vue comme la panacée en matière d’habitat durable, car elle produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Le souci est qu’elle produit souvent quand ce n’est pas utile et elle consomme autant que d’autres lorsqu’elle ne produit pas. Le gain final n’est pas évident, le tout pour des investissements très importants en matériel et un impact sur l’environnement pas forcément positif. Générer de l’énergie au prix fort ne doit pas se substituer à une diminution importante de la consommation. Une maison passive, de par sa faible consommation énergétique, est la bonne base pour une maison à énergie positive.
Coûteux, mais avantageux
Surfer sur la vague écologique à un coût. Compter 10 à 15 % de plus par rapport à une construction conventionnelle. Mais si l’investissement peut paraître conséquent, il ne faut pas oublier qu’une rénovation se fait en général pour les quarante ans à venir.
Il paraît donc essentiel de réaliser un calcul sur le long terme. Une étude récente, réalisée par la banque de Zurich, démontre qu’une construction écologique se négociera dans les 30 prochaines années à un prix 12 % plus élevé que celui d’une construction traditionnelle. Et cela sans compter les gains considérables résultant de la réduction de la facture énergétique.