Alzheimer : de l'homme au rat, puis du rat à l'homme
Le PRIAM, laboratoire de recherche de l’ESME-Sudria, s’est associé à une équipe de biologistes dans le cadre d’une étude permettant de progresser vers un traitement de la maladie d’Alzheimer.
« Un tout petit pas peut-être vers le développement d’un traitement pour la maladie d’Alzheimer… », lâche modestement, mais non sans un certain enthousiasme, Elodie Roullot, enseignante-chercheuse à l’ESME-Sudria. Une expérience, dont les résultats viennent d’être publiés dans le prestigieux Journal of Neurosciences (*), a permis à l’équipe du chercheur Patrick Dutar (**) de l’Inserm en collaboration avec cette chercheuse au PRIAM (Pôle de Recherche en Imagerie Appliquée à la Médecine), d’obtenir des résultats utiles à la compréhension du mécanisme de la maladie d’Alzheimer, et donc à son traitement.
Pour arriver à leurs fins, ces scientifiques ont injecté à des rats la protéine beta-amyloïde, dont on sait que l’accumulation dans le cerveau humain est une des caractéristiques neuropathologiques de la maladie d’Alzheimer. L’analyse croisée du comportement de ces rats, de leur activité cérébrale électroencéphalographique (EEG) et d’une étude histologique post-mortem sur leur cerveau a permis à l’équipe de mettre en évidence une dégradation de leurs capacités de mémoire, ainsi qu’une baisse de leur activité cérébrale rythmique, et ainsi de faire progresser la compréhension du développement de la maladie d’Alzheimer.
Quelle a été la part de l’ESME-Sudria dans cette réussite ? Une contribution au niveau de l’analyse scientifique. Le PRIAM, dont la spécialité est l’analyse d’images et l’analyse de signaux, a en effet accepté d’apporter son aide à l’équipe de biologistes de l’Inserm. Elodie Roullot a ainsi développé pour eux un programme d’analyse automatique de la trajectoire des rats et de leurs caractéristiques comportementales (vitesse, accélération, etc.) à partir des séquences vidéo, un programme d’analyse fréquentielle de l’EEG qui permet de quantifier la réponse du cerveau dans différentes gammes de fréquences, et enfin un programme d’analyse des images microscopiques des neurones, autant de réalisations permettant d’interpréter l’expérience avec toute la rigueur scientifique nécessaire. Un modèle de collaboration entre chercheurs !
(*) Vincent Villette, Frédérique Poindessous-Jazat, Axelle Simon, Clément Léna, Elodie Roullot, Brice Bellessort, Jacques Epelbaum, Patrick Dutar, and Aline Stéphan. "Decreased rhythmic GABAergic septal activity and memory-associated theta oscillations after hippocampal amyloid-beta pathology in the rat". Accepté pour publication dans le Journal of Neurosciences.
(**) Site du Centre de Psychiatrie et Neurosciences: http://cpn.paris5.inserm.fr/site_cpn/equipes2.php?id_equipe=4