Discrimination au recrutement féminin : les mentalités évoluent
Si le sexisme à l’embauche n’a pas dit son dernier mot, il serait aujourd’hui en net recul. Dans les entreprises, les mentalités évoluent.
Pourtant, 60% des femmes interrogées dans une enquête(1) récente estimaient que les procédures de recrutement n’étaient pas encore identiques si le candidat était une femme ou un homme. La dernière livraison de l’Observatoire des discriminations montre, de son côté, qu’une femme a 1,5 % moins de chance d’être recrutée qu’un homme. « Les raisons sont toujours les mêmes », note
Mais les freins ne sont pas du seul fait des entreprises. Les résistances viendraient aussi parfois des femmes qui auraient du mal à s’affirmer ou à se positionner. « On aurait tort de limiter ces questions de discrimination aux seules questions personnelles », estime en effet Ingrid Bianchi-Lieutaud. Selon elle, les femmes n’ont pas toujours le même comportement que les hommes. Par exemple, elles éprouvent plus de difficultés à se mettre en avant dans un entretien et risquent de faire passer cette réserve pour un manque d’ambition. De même, il ne leur vient pas toujours à l’esprit d’indiquer sur leur CV l’ensemble des logiciels qu’elles maîtrisent, estimant que leur connaissance va de soi. Une modestie qui les empêcherait de rester dans les mailles des filets des recruteurs.
Confronté aux mêmes problèmes, Areva, sans mettre en place de discrimination positive, a choisi d’élargir la base de tri des CV pour attirer des candidats moins « formatés » et si possible des femmes qui n’ont pas eu les mêmes parcours professionnels que les hommes. Un dispositif dont a bénéficié Ingrid. À 34 ans, elle vient d’être recrutée pour un poste de contrôleur de gestion, comportant de fréquents déplacements à l’étranger, elle qui avait jusqu’alors occupé des fonctions sédentaires pour pouvoir s’occuper de son enfant. « Je n’avais exercé que dans des petites structures. J’ai posé ma candidature car j’avais envie d’évoluer, mais je n’y croyais pas vraiment », confie-t-elle.
Accenture a pour sa part initié le programme « Accent sur elles » qui vise à féminiser les effectifs. « À chaque étape du processus, nous comparons le nombre de candidatures féminines et le nombre de femmes que nous avons retenues pour savoir si les proportions ont été préservées ou si les postulantes ont été victimes de discrimination, explique Catherine Jestin, senior executive et partner, membre du comité de pilotage de ce programme. Mais il faut faire attention de ne pas tomber dans la caricature : parfois, une femme est éliminée face à un homme plus compétent. »
Une question à laquelle certaines entreprises tentent de répondre. À l’image d’Accenture, dont le programme « Accent sur elles » accompagne aussi les femmes dans la prise de responsabilités au sein du cabinet et les aide à concilier vie professionnelle et maternité. Le cabinet met d’ailleurs cette initiative en avant pour attirer les femmes dans ses filets. Un cercle vertueux ?
Article complet sur le site Génération Formation
1) Enquête publiée il y a un an par le réseau Grandes Écoles au féminin.
(2) « Alice au pays de l’entreprise », European Professional Women’s Network, juin 2006.