La conception d'un aéronef est une entreprise très complexe. Et la passion ne suffit pas pour y parvenir. Les compétences techniques, de calcul, de modélisation et de fabrication ne suffisent pas non plus. Il faut mener une véritable étude de marché et, après les lois de gravité, c'est aux lois du marché qu'il faut s'accoutumer... Voici un récit de l'expérience extraordinaire d'un Ipsalien qui s'est lancé dans l'aventure de la réalisation d'un aéronef de tourisme. De la passion à l'expertise aéronautique, voici l'exemple de François Depardieu et les ingrédients de son aventure.
Avant tout, la passion...
Ayant eu la chance de vivre à proximité des axes de pistes d'un aérodrome (Lognes-Emerainville), je passais mes week-ends sur cette plate-forme admirant les aéronefs. Cette opinion est paradoxale par rapport à la population avoisinante qui désire sa fermeture du fait des nuisances que les aéronefs peuvent générer. Toutefois, ceci ne m'empêchera pas de cultiver cette passion pour l'aéronautique.
Le temps des rencontres
Au-delà de cette proximité avec un aérodrome, j'ai eu l'opportunité de rencontrer, très jeune, un ancien pilote instructeur dans l'US Air Force, puis dans l'Armée de l'Air. Hormis ses récits de missions et de voyages qu'il m'a fait partager, il m'a conseillé en fonction de mes possibilités et, actuellement, me conseille dans le cadre de mon projet.
Des diplômes et des valeurs
Ce n'est pas avec cette seule passion que je

me suis lancé sur le projet dont vous avez eu les échos. En effet, j'ai intégré l'IPSA sur titre, avec un DUT Génie Thermique et Energie. Ce diplôme avait été validé avec un stage dans une Unité d'Entretien agréé Aéronautique dont la durée minimale devait être de 2 mois et ½, et qui dura finalement 4 mois et ½. Cette expérience m'a permis d'acquérir un certain nombre de valeurs essentielles en aviation, comme : la rigueur, le respect de la réglementation, la capacité à se remettre en question, etc. Aussi, ce fut l'occasion d'écouter les acteurs de notre petite aviation qui connait des difficultés majeures.
D'autres rencontres qui mènent au projet
Cette expérience et ces constats auxquels j'avais été soumis ont été conservés jusqu'à la rencontre avec M. Robin qui me conseilla de réaliser un aéronef de tourisme.
A partir de ce moment, j'ai cherché à obtenir plus d'informations sur la situation des aéroclubs en termes de nombre de licenciés, du nombre d'aéronef en France et les modèles utilisés. Je me suis aussi informé auprès de la Direction Générale de l'Aviation Civile et du Bureau Enquêtes Accident. L'étude de marché, puis le cahier des charges ont mis en lumière le besoin d'avoir un aéronef monomoteur léger et polyvalent.
En effet, les frais de maintenance et d'exploitation des aéronefs sont de plus en plus élevés et les pièces se raréfient pour certaines marques. Les avions sont usés, corrodés, mais volent toujours ; la réglementation exige de réaliser les modifications adéquates. Les aéroclubs perdent leurs licenciés. Les pilotes volent de moins en moins, et se dirigent vers d'autres loisirs comme l'ULM.
Du travail et des compétences
Les aéronefs d'aujourd'hui se doivent de répondre aux besoins des aéroclubs et aux normes environnementales (nuisance, écologie,...). L'aérodynamique de l'avion léger se doit d'être travaillée, afin de diminuer la traînée de corps et permettre la réduction de la consommation en essence. L'accessibilité doit être prise en compte pour le personnel de maintenance. Il en va de même pour les pilotes et les passagers quelque soient leur mobilité.
La maintenance doit être facilitée. Moins l'avion reste immobilisé, moins les frais de maintenance sont couteux. Car un avion qui reste au sol pendant plus de deux mois pour une simple vis, n'est plus concevable de nos jours ! Cet exemple correspond malheureusement à un cas concret rencontré sur un aéronef de marque française.
De l'engagement
Compte tenu de la nature du projet, j'ai souhaité réaliser une année de césure afin de me consacrer au projet et de rechercher des partenariats industriels et pédagogiques. Chaque stage contribue à sa manière à l'avancement du projet. L'un portant sur l'aérodynamique et l'autre sur la fabrication de voiliers transocéaniques. Seul mon séjour en Australie sera le moyen pour moi d'acquérir un niveau d'anglais correct et de rencontrer des entreprises aéronautiques.
Quel que soit le lieu où je me trouverai, je conserverai un lien avec les personnes travaillant sur le projet et les partenaires. Des sujets ont déjà été proposés pour l'IUT GMP d'Evry pour la rentrée de Septembre puis, pour l'IPSA et SupMéca, les propositions de sujets sont en cours d'élaboration. En outre, dans les prochains mois, un site internet sera mis en ligne pour que les étudiants et les professionnels connaissent davantage ce projet et participent à son avancement.