Grande première mondiale. Au salon aéronautique de Berlin, EADS a fait voler mardi 8 juin un avion bi-moteur alimenté par un carburant produit à 100 % à partir d'algue.
Crédit photo: Billypix
Monsieur Rivère, professeur de moteur et responsable qualité et laboratoires à l'IPSA, revient sur cette avancée technologique.
« Les microalgues ont un intérêt très nettement supérieur à celui de l’agriculture traditionnelle en terme de recyclage du CO2 (gaz carbonique ou dioxyde de carbone, déclaré responsable des dérives climatiques actuelles par « effet de serre »). Brûler les biocarburants actuels, c’est aussi brûler les réserves d’humus, sachant que l’essentiel des matériaux de construction de la matière végétale provient du sol et non du CO2 atmosphérique.
Les biocarburants, tels qu’on les entend actuellement, ne constituent pas des carburants alternatifs au pétrole, par manque de quantité (la surface des terres cultivables est insuffisante et il ne faut pas priver les populations en aliments), par manque de rendement (le carburant produit ne représente que 20 à 50 % de la matière végétale manipulée), et par appauvrissement prévisible des terres cultivables.
Il faut noter qu’actuellement la société raisonne à consommation d’énergie constante (voire croissante, ce qui indique que notre économie est majoritairement de « gaspillage ») sans trop se préoccuper du comment réduire de façon drastique les dépenses énergétiques. Les biocarburants d’origine agricoles sont parfaitement incapables de subvenir aux demandes actuelles d’énergie (à hauteur d’environ 10 %) : seul le pétrole en est capable, mais ses réserves sont limitées (de même que pour toutes les autres matières premières qu’on disperse inconsidérément) et estimées à un demi siècle en ordre de grandeur, au rythme actuel de sa consommation : production annuelle environ 6,5 milliards de tonnes.
Toute matière végétale est transformable en biocarburants (alcools, éthers, huiles et esters) avec des rendements très inégaux (rapport de la masse de carburant produit à la masse totale de matériaux manipulés ou par unité de surface cultivée). »
Pour plus d’information, voir l’article consacré à cet essai dans Le Figaro, ici.






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