Karim Trabelsi, enseignant à l'IPSA. Portrait
Karim Trabelsi, bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis docteur en maths appliquées et avant d'atterrir à l'IPSA (remarquez le fin jeu de mots), j'ai travaillé dans plusieurs institutions publiques: universités de Paris 6, Paris 10, Versailles, Ecole Polytechnique, Télécom Paris, CNRS...
Qu'enseignez-vous à l'IPSA ?
J'enseigne une matière appelée Mathématiques de l'Ingénieur qu’on pourrait aussi appeler plus directement Analyse Complexe et Harmonique, en troisième année. Ce cours consiste à présenter de manière peu rigoureuse mathématiquement des outils mathématiques incontournables pour un ingénieur quoiqu'il vise comme spécialisation. Le manque de rigueur n'affecte en aucun cas les applications classiques. Il est évident que si le but est de se pencher sur de nouvelles problématiques bien spécifiques un approfondissement des fondements du cours est nécessaire.
Le cours prépare les élèves aux cours de Traitement du Signal Analogique, et surtout au cours d'Automatique. Ce dernier cours est fondamental en ce sens qu'il pose les bases d'un savoir/savoir-faire qui est celui de la résolution pratique de problèmes concrets modélisés par des systèmes complexes. Il est important pour la culture générale d'un ingénieur lambda et encore plus pour un ingénieur qui va mettre les mains dans le cambouis.
Vous revenez d’un évènement à Lisbonne. Quelques mots sur votre participation…
Il s’agit du « 8th World Congress on Structural and Multidisciplinary Optimization », soit en français le 8ème congrès mondial sur l'optimisation des structures et l'optimisation multidisciplinaire. C'est en gros la grande Messe de l'optimisation appliquée aux sciences de l'ingénieur. Cette conférence est organisée par la revue spécialisée Structural and Multidisciplinary Optimization dans laquelle j'ai déjà publié et pour laquelle je réfère des projets d'articles.
Sur quel sujet êtes-vous intervenu ?
J'ai présenté la quasi dernière version d'une méthode sur laquelle je travaille depuis trois ans avec mon ami M. PANTZ Olivier enseignant chercheur à l'Ecole Polytechnique à Palaiseau.
Ce travail a déjà fait l'objet de trois publications (2 revues + 1 conférence), il continue à évoluer et à s'améliorer. Didactiquement, lorsque vous voulez résoudre un problème d’optimisation de structures, vous commencez toujours par l'optimisation de la compliance qui consiste à trouver la forme optimale d'un corps élastique qui maximise sa rigidité dans une certaine configuration d'effort et cela pour une quantité de matière fixée (puisque dans le cas contraire il suffirait de rajouter toujours de la matière).

Vous pouvez apprécier nos résultats publiés sur ma page web : toutes mes publications y sont accessibles. Vous y trouverez des ponts, pylônes, etc. Maintenant, nous sommes dans une phase où nous préparons notre algorithme à des applications plus ambitieuses: déjà la 3D et ensuite des fonctions coûts autres que la complaisance. A l'heure actuelle, notre algorithme pourrait s'appliquer à l'aéronautique. Nous n'avons juste pas eu le temps de le faire et nous n'y avions pas tellement vu d'intérêt jusqu'à présent. Si vous prenez les ponts de nos publications, par exemple, il suffirait de les regarder à l'envers pour y voir des ponts d'avions. Nous pourrions par ailleurs optimiser la structure de l'aile d’un avion en procédant par coupes transversales.
Plus sérieusement, il a fallu travailler dur pour arriver à ces résultats car notre algorithme est totalement automatique: vous lui donnez le cahier des charges et il vous livre la forme optimale. La réception du résultat par la communauté compétente a été plus que positif. Il faut savoir que les formes théoriquement optimales ne sont pas constructibles (elles se composent de microstructures très complexes). Nous proposons un moyen des les traiter pour les rendre faisables."
Karim Trabelsi Ph.D







































Qu'est-ce qui vous plaît dans ce poste ?
étant donné qu'il s'agit d'une création et non d'une restauration nous allons construire certaines pièces avec nos petites mains ! Nous avons tous hâte de commencer !

Guillaume SERRE 






