
Julien FEL (Promo 1999, Bordeaux) a attrapé le virus de la publicité à l'occasion de ses premiers stages. Il est aujourd'hui Directeur de clientèle au sein de Publicis España où il gère trois budgets importants. Il revient sur son parcours et nous montre quelques "short cuts" des travaux de l'agence.
2AI : Bonjour Julien, vous êtes un ancien de Bordeaux, Promo 1999, et vous travaillez aujourd'hui à Madrid au sein de Publicis España. La pub, une vocation dès le départ ou une découverte ?
Julien Fel : Au départ, je me sentais une vocation pour la communication en général. J'ai alors effectué un premier stage dans l'organisation événementielle au sein de Publicis Soleil où j'ai participé à l'organisation de la Fête du Vin. C'est en deuxième année que j'ai attrapé le "virus" lors de mon deuxième stage, toujours chez Publicis Soleil . Ensuite j'ai voulu connaître une autre culture et mettre en pratique mes connaissances linguistiques en travaillant chez Publicis España et la vie en Espagne m'a tellement plu que j'ai enchaîné après l'ISEG un Master "Publicidad" à l'ICADE Madrid (une université partenaire de l'ISEG, ndlr).

2AI : Quelles ont été les agences dans lesquelles vous avez travaillé ?
J. F. : Après mon stage en juillet 2000 chez Publicis España j'ai signé en septembre mon premier CDI comme chef de Pub junior dans la même agence Publicis dans laquelle j'avais travaillé sur le budget Carrefour. En 2001, j'ai intégré, au même poste, l'agence DELVICO - Bates Madrid, donc un autre groupe international. J' y ai appliquée des méthodes comme l'USP - Unique selling proposition qui est aujourd'hui un peu dépassée : les produits d'un même secteur tendent à se ressembler (le ME TOO exacerbé et la globalisation explique cela, ce sujet mériterait plus d'une ligne). Généralement, il faut savoir que ce que l'on apprend à l'école est souvent chamboulé sur le terrain. On est tellement immergé dans la pratique que la théorie y est un peu laissée de côté. A moins de travailler dans le planning stratégique où l'on se centre plus sur l'analyse de la marque et son secteur, sur la concurrence et les tendances "mainstream" qui peuvent guider et inspirer la copy strat. Après un passage dans le Groupe ALTAVÍA 180º ESPAÑA comme chef de pub senior en 2003, je suis depuis l'été 2003 à nouveau chez Publicis España. Aujourd'hui j'y suis Directeur de clientèle et gère trois budgets. (Ndlr : photo 2 Julien avec des clients lors de la lecture d'un script).

2AI : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les budgets que vous suivez au quotidien?
J.F.: Je m'occupe actuellement de 3 marques :
La première est MIXTA, une bière au citron, core-target: 18-24 ans
Nous avons gagné ce budget en mars 2008. Il s'agissait de relancer le produit avec comme objectif de lui donner une véritable personnalité de marque qui lui permette de se replacer dans le top of mind. La saisonnalité de cette bière au citron peu alcoolisée va de mai à septembre, je suis donc déjà en train d'anticiper sur l'année prochaine. Nous avons osé casser les codes classiques de la pub pour correspondre aux codes des jeunes générations baignées dans le monde de l'audiovisuel et de l'hyperconsommation. On a décidé de raconter plusieurs histoires, de faire du "brand Entertainment", soit 34 spots entre 15 et 30 secondes. (Pour voir quelques spots de cette campagne, il suffit d'aller sur YOUTUBE et taper les tags MIXTA CERVEZA ANUNCIO).

2ème budget : VISIONLAB, dans le secteur de l'optique, target universel, l'un de ses concurrents directs est ALAIN AFFLELOU. Nous avons gagné ce budget en octobre 2007.
Dans ce secteur il y a peu de fidélité de marque et beaucoup d'actes d'achats guidés soit par un call to action promotionnel concret ou bien parce que la marque d'enseigne est très bien positionnée dans le top of mind du consommateur.
Donc notre stratégie de communication a pour objectif d'améliorer les indices de notoriété de la marque. Pour cela nous avons opté pour un concept créatif totalement innovant qui rompt avec les codes de communication habituels du secteur. (Pour voir quelques spots de cette campagne, il suffit d'aller sur YOUTUBE et de taper les tags VISIONLAB ANUNCIO VISIÓN MÀS FELIZ).
Le troisième budget est BRANDED APPARELS INTIMATES, qui commercialise les marques PLAYTEX, WONDERBRA et DIM.
Là nous sommes dans un travail de "transcréation" sur les campagnes internationales ATL conçues chez PUBLICIS CONSEIL. Nous concevons le contenu de tous des supports pour les actions BTL: outils force de vente, PLV, RP...
2AI : Vos coups de cœur dans ce métier ?
J.F.: Sans aucun doute l'interactivité et la synergie qui existe entre tous les départements d'une agence, l'absence de cloisonnement et le travail d'équipe obligatoire qui est une grande source d'enrichissement professionnel. Donc, tous les jours on en apprend un peu plus, ça c'est génial ! (Ndlr : photo ci-contre : tournage à Ibiza)
2AI : Vous vivez en Espagne depuis 9 ans, pourquoi vous être expatrié, même si cela reste l'Europe ;-) ?
J.F.: Après mes stages à PUBLICIS Bordeaux je voulais d'une part faire ce Master à Madrid et d'autre part travailler sur des grandes marques dont je pouvais voir les spots à la télé. En plus je me disais qu'il était toujours temps de rentrer "aux bercailles" avec un profil plus expérimenté et plus international.
2AI : Justement, comment vous projetez-vous dans l'avenir ?
J.F.: Comme je disais auparavant, le secteur de la pub est super compétitif. Je pense me consolider en tant que Directeur Conseil deux à trois ans de plus. Cela me permettra d'étudier à terme de bonnes opportunités, si elles se présentent. Pourquoi pas chez l'annonceur. La destination? Peu importe.
Néanmoins, le monde de l'agence est très dur. On y travaille souvent sous pression, ce qui en fait une profession très exigeante. C'est pour cela que beaucoup de professionnels de la pub changent de secteur d'activité à un moment donné de leur carrière.
Mais pour le moment j'ai encore des forces et surtout l'envie de travailler dans cet univers passionnant.
2AI : Un souvenir marquant/insolite de vos années ISEG ?
JF. : Deux Grands souvenirs: le Déf'ISEG à Strasbourg et la pièce de théâtre (qui je pense ne restera pas dans les annales de la comédie française mais qui fut une super aventure humaine).
En général, 4 années remplies de très très bons souvenirs et d'anecdotes plus sympathiques les unes que les autres. Bref, que du bonheur.
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