P. MARTIN-PREVEL
L'impérieuse nécessité d'exporter
Portraits
Pierre Martin-Prével est depuis 1994 Chef des Ventes Internationales de Gascogne Paper et gère les principaux marchés export de l'entreprise : l'Asie ( Inde, Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Corée et le Japon), l'Amérique Latine (Mexique, Brésil, Vénézuela), l'Afrique, le Moyen Orient ainsi que la péninsule ibérique et la Grèce.. Originaire de Toulouse, diplômé de l'Epsci, il débuta sa carrière à la SCOA (négoce de produits alimentaires et industriel) expatrié au Nigéria. Il rapporte de cette époque quelques notions d'haoussa... un dialecte qu'il a appris en Afrique. Après avoir géré des opérations de compensation en Asie du Sud, Il a ensuite travaillé pour Givaudan Roure, spécialisé dans les compositions aromatiques pour parfumerie et cosmétiques où il fût Chef de Zone Europe du Sud, Scandinavie, Afrique et Moyen-Orient. Après un bref passage dans une entreprise belge, il a suivi l'appel du Sud-Ouest où il s'est rapidement intégré; il a été entre autres Président du Wexport Club (Club des Exportateurs de Gironde) et Conseiller du Commerce Extérieur pendant 6 ans . A côté de son poste au sein de Gascogne Paper, dont il n'a cessé de développer le chiffre d'affaire à l'export, il intervient lors du séminaire "Typologie des Marchés étrangers" auprès des étudiants de l'ISEG Programme EXECUTIVE et SUP (4ème année) qui apprécient l'expertise de ce professionnel averti. Il est aussi intervenant dans différentes écoles de commerce de Bordeaux. Il nous livre ici un peu de son expérience.Pierre MARTIN-PREVEL : Incontestablement le taux de change $/€ pèse sur nos exportations et n'encourage pas certaines entreprises à aller vers des marchés hors Europe, lesquels sont fort dynamiques. Mais plus que ce phénomène conjoncturel (pour combien de temps?), la faiblesse de notre performance à l'export résulte essentiellement de la pusillanimité de nos PME pour lesquelles l'export est une aventure dans laquelle elle hésitent parfois à se lancer. Il faut donc éduquer nos étudiants afin qu'ils deviennent convaincus de l'impérieuse nécessité d'exporter. Plus que donner des subventions ou bâtir des plans consécutifs d'aides, il faut faire une révolution culturelle pour que l'export soit un débouché naturel de nos entreprises.
ISEG Bordeaux : Vous qui connaissez bien le tissu économique de la Gironde, quel est son potentiel de développement à l'International ?
PMP : Bien sûr, il y a le vin. Mais beaucoup de PME ou de TPE existent dans beaucoup de domaines. Il n'y a aucune raison pour que la Gironde ne soit pas plus présente à l'international et tire avantage de sa réputation, de son port et de sa situation géographique.
ISEG Bordeaux : Quelles sont, selon vous les principales qualités d'un Chef des ventes internationales ou d'un chef de zone ?
PMP : Une bonne santé, une bonne connaissance des techniques du métier, une grande curiosité intellectuelle et beaucoup de bon sens.
ISEG Bordeaux : Quels sont vos coups de cœur dans ce métier ?
PMP : Des rencontres parfois improbables et l'immense satisfaction d'arriver à concrétiser des affaires dans des endroits parfois surprenants. En général, la qualité des contacts avec mes clients étrangers.
ISEG Bordeaux : Un petit conseil pour nos étudiants qui souhaiteraient effectuer un stage à l'étranger ?
PMP : " Go West, young man". Cette formule reste d'actualité. Envisager un VIE est un bon tremplin pour se lancer dans l'international.
Pierre Martin-Prével, Chef des ventes internationales Gascogne Paper




