Aux meilleures loges pour les JO
Interviews
Sébastien Dubert a été étudiant à l'Iseg Bordeaux et lors de son stage de fin de 3° année Executive en Chine, il s'est épris de ce pays et a décidé d'y poursuivre le reste de ses études. Durant son court retour en France, il a accepté de répondre à quelques questions.

ISEG Bordeaux : Pourquoi être parti faire votre stage en Chine?

Sébastien Dubert : Mon but étant de travailler à l'international, je ne voulais en aucun cas rester en France pour ce stage de fin de 3ème année Executive. Attiré par l'Asie depuis quelques temps, j'ai alors tourné mes recherches entre Singapour, Kuala Lumpur, Taiwan et la Chine (particulièrement Shanghai et Pékin). Après plusieurs offres trouvées dans ces différents pays, j'ai opté pour Pékin qui se trouvait être au centre du monde lors de mon séjour. La Chine est aujourd'hui le plus grand empire commercial, devançant les USA dont l'économie dégringole. Je voyais donc un intérêt professionnel mais également personnel d'aller en Chine pour faire mon stage, car j'y continue mes études à partir de la rentrée 2008, pour au final, intégrer le marché du travail asiatique.
ISEG Bordeaux : Vous étiez aux meilleures loges durant les derniers Jeux Olympiques, pouvez-vous nous raconter quelle était l'ambiance et quelle portée ont eu ces Jeux sur la vie chinoise? Comment avez-vous vécu cette expérience?

S.D. : Arrivé le 9 juin à Pékin, la ville était encore en plein préparatif dans tous les moindres recoins. Plus le jour-J arrivait, plus la ville se métamorphosait. J'ai vu un quartier changer de jour en jour, des immeubles sortir de terre en moins de 2 mois, la nouvelle et impressionnante tour de la CCTV se terminer et la ville se mettre aux 5 couleurs des JO. Le peuple Chinois attendait cela depuis 7 ans et tous ne vivaient que pour cet événement. Poussé également par une propagande bien œuvrée du gouvernement et une communication écrasante, le « One World, One Dream » se trouvait partout et rythmait la vie quotidienne des 17 millions d'habitants. Le jour de la cérémonie, l'ambiance était énorme dans la ville, tout le monde était dans la rue pour faire la fête et célébrer cette ouverture sur le monde, qu'aucun événement antérieur n'avait jamais accomplie.

Pour ma part, il y a eu deux aspects marquants. Professionnellement, cela a ralenti considérablement mon travail, du fait des déplacements et des rendez-vous (la plupart des expatriés a quitté la ville durant le mois d'août). Mais personnellement, cela a été une très grande joie de pouvoir vivre les Jeux Olympiques de Pékin. Le cadre était magnifique, l'organisation parfaite et le spectacle époustouflant. Je n'ai pu assister malheureusement qu'à une seule épreuve sportive, mais l'occasion d'approcher le Nid D'oiseau et le Cube d'Eau était fort en émotion et très excitant, car tous deux sont les emblèmes de ces jeux. On pouvait également rencontrer beaucoup de sportifs dans le parc olympique, comme Alain Bernard, Ladji Doucouré ou encore Laura Flessel.
Ce fut en tout cas un très grand moment, un privilège mais aussi une confirmation des capacités de la Chine, qui n'a tremblé à aucun moment.
ISEG Bordeaux : Le fait d'effectuer votre stage à l'étranger n'a-t-il pas rendu plus délicate votre intégration au sein de l'entreprise?
S.D. : Pour ce stage, nous étions un groupe de 13 étudiants Français, issus de différentes écoles de commerce de la France entière. Ce fut un élément décisif dans le choix du stage. Cela m'a permis d'être plus rassuré et plus à l'aise car nous étions tous dans le même bateau et qu'il n'y avait pas de barrière de langue entre nous. Ensuite, notre tuteur de stage Mr DU parle Français et son assistant David parle Anglais. L'intégration a donc été relativement simple puisque pour toute traduction, l'un des deux au moins était présent . A côté de ça, les Chinois sont très accueillants et ont toujours été très agréables avec nous. De plus, le PDG pour lequel je travaille, Mme Ann WANG, est l'une des plus grandes fortunes de Chine et le plus gros investisseur immobilier de Pékin. Le fait de la connaître et de la côtoyer ouvre beaucoup de portes, tant auprès des autorités locales que professionnellement. Finalement, mes clients sont des expatriés, plus particulièrement les Français, ce qui facilite également la communication.

ISEG Bordeaux : Quelles étaient vos missions?

S.D. : L'entreprise pour laquelle je travaille, AnnJema, est une entreprise de Spas et de Salons de Massage haut de gamme pour clients fortunés. La spécificité de ces salons est d'utiliser des produits Français d'huiles essentielles et d'huiles végétales pour les massages. Il existe plus de 130 produits pour différents soins. Il y a cinq salons de bien-être à Pékin et un très grand Spa à Shanghai. Mes missions mélangent marketing, commercial et management. L'entreprise ayant changé de nom en mai dernier, nous avons refait les opérations marketing et promotionnelles des salons, en redessinant les cartes de membres, recréant les livrets commerciaux, créant de nouvelles offres promotionnelles, mettant en place une exposition de peinture d'une artiste française dans un des salons. Ensuite, nous étions répartis en groupes de 2 ou 3 stagiaires pour chaque Spa et devions en faire la promotion auprès des expatriés. Nous devions apprendre le vocabulaire technique français aux personnels des Spas et apprendre le même vocabulaire en Chinois. Finalement, étant le plus âgé du groupe, Mr Du m'a également attribué le rôle de manager des stagiaires et m'a proposé de l'accompagner pour ses rendez-vous et voyages d'affaires dans toute la Chine. Le but étant la recherche de partenariats ou contrats d'exclusivités avec certaines grandes entreprises, comme Carrefour China, Renault, etc. , allant de Chengdu jusqu'à Shanghai.
ISEG Bordeaux : Votre formation à l'ISEG Bordeaux a-t-elle facilité votre intégration et votre travail dans l'entreprise?
S.D. : Ma formation m'a permis d'avoir un bagage fort en marketing et communication. Mon expérience professionnelle m'a permis, quant à elle, de m'intégrer facilement au niveau des prises de rendez-vous et des nombreux contacts rencontrés. N'ayant pas appris le Chinois en LV3, je n'ai pas pu m'appuyer sur mes connaissances de la langue, mais tout le vocabulaire commercial Anglais appris au fil des années m'a beaucoup servi lors des rencontres avec d'autres expatriés ou même des chefs d'entreprises Chinois (qui eux, parlent Anglais).








