Grégoire de Lépinay quitte les quais pour s’installer au cœur du Triangle.
En quelques mois, « Le Grand Théâtre », dernier né de la famille « Greg » (Chez Greg, le Sail fish, Le Café du Musée, est devenu le lieu incontournable des débuts de soirées chic et branchées de Bordeaux. Tout le monde en parle… du petit minet fashion, boudiné dans son slim noir et aveuglé par sa mèche, au sage père de famille, bourgeois sur les bords, en quête d’une seconde jeunesse. Mais quels sont les secrets d’un tel lieu qui parvient à réunir jeunes et moins jeunes ???
Soyons méthodiques, et usons de nos cinq sens pour décrypter la recette magique que Greg a établi pour charmer tout ce beau monde.
Façade en verre, vue imprenable sur le Grand Théâtre ainsi que sur nouveau Grand Hôtel de Bordeaux et Portier sont les premiers éléments qui retiennent l’attention du simple passant. Après avoir gravi les quelques marches de béton et franchi la large porte de verre, un univers luxueux et raffiné s’offre à vous. Ici, le marbre, le bois, le cuir et l’inox sont rois. Pour mettre en exergue ces nobles matières, le blanc est de rigueur. Néanmoins, quelques détails viennent heurter notre rétine… Des écrans géants diffusent, selon l’heure, des vidéos plus ou moins glamour, puisque nous y avons vu, la découpe d’un poulet ou encore le décorticage d’une série de langoustines, par de grosses et vilaines mains. Notons aussi que le rideau de cuillers à soupe, peut couper l’appétit de certains. Quelques détails qui, in fine, ne viendront pas gâcher la déco hyper hype, parfois un peu austère et peu chaleureuse, de Johanne, femme de Greg et décoratrice.
Une fois confortablement installé, on s’aperçoit que les tables sont très proches les unes des autres, ce qui exclut toute intimité. Oubliez donc cette adresse pour vos dîners romantiques ou autres soirées en amoureux. De toute façon, au Grand Théâtre, le côté intimiste est exclu, puisque le but est d’être vu. A l’heure du dîner, les subtiles fragances de lys se mêlent à l’odeur des pièces de viandes qui cuisent dans l’immense cheminée. Original…
C’est un serveur un peu speed mais agréable, qui s’occupera de vous tout au long du repas. A la carte, des mets originaux côtoient des plats « bien de chez nous ». Une armée de diverses « pastas » n’attend que votre coup de fourchette alors qu’un régiment de sushis, sashimis ou makis surprend par leur fraîcheur. Au final, on ne peut pas reprocher grand chose aux mets proposés, si ce n’est le côté exception auquel on s’attend, dans un lieu qui se veut au top, et vu les tarifs proposés.
Cacophonie. Comment qualifier au mieux l’ambiance sonore… Les larges tables, font qu’entre membres du repas, il est difficile de s’entendre. On subit la discussion des voisins, plus proches de nous que ceux avec qui l’on dîne. De plus, à partir de 23H30, Guillaume, DJ du Sail Fish, vient dynamiser l’ambiance. Le comptoir se transforme en bar, et l’ambiance devient peu à peu survoltée. La musique est partout, même dans les toilettes, on peut donc se soulager sur des rythmes endiablés. Un vrai plus.
Au final, bilan mitigé. Beaucoup de flash, lieu où strass et paillettes sont de rigueur. On peut parfois se sentir mal à l’aise, déshabillé par le regard de certains. Néanmoins, plutôt que de corroborer ces comportements quelques peu superficiels, allez-y « à la cool », sans prise de tête, et vous passerez, si vous le voulez, un excellent moment. Finalement, est-ce un coup de coup de grand- théâtre ??? L’histoire ne le dit pas, le temps nous le dira…
Alexandre SOLLIN - ISEG Programme EXECUTIVE - 3e année