L’Alcazar ou l’art d’orchestrer gastronomie et musique
Les aficionados des nuits parisiennes «huppées» débutent leur périple nocturne par une halte obligatoire à L’Alcazar : temple par excellence du « fooding ». Mais quelle est donc la signification exacte de cet anglicisme ?
Encore absent des dictionnaires, le « fooding » désigne l’art de se restaurer sans s’ennuyer. Cette mode très «in» nous vient des pétillantes capitales anglo-saxonnes et n’a pas épargné le pays de la «Haute Cuisine» en prenant ses quartiers à L’Alcazar. Nous pouvons alors nous demander quels sont les ingrédients qui ont permis à cet établissement d’accéder au statut de restaurant emblématique de la capitale parisienne.
Tout d’abord, L’Alcazar est une double formule comprenant un restaurant traditionnel et un bar- restaurant de type new-yorkais dont le décor s’inspire fortement des lofts de la Grosse Pomme. A deux pas de Saint- Germain-des-Prés et de l'Ecole supérieure des Beaux-Arts, cet vaste antre est pourvue d’un design "modern-chic" très rive gauche alliant savamment le blanc crème au rouge.
Ensuite, afin d’attirer une clientèle toujours plus branchée, Sir Terence Coran s’est fait le chantre du «modern urban sound» avec des genres musicaux tels que la deep house, le rare groove ou encore la new soul. Une riche programmation musicale est alors assurée à l’étage, plus précisément sur la Mezzanine, par des gourous musicaux de la «Lounge music». Quel délice de savourer un «Tataki de saumon au sel fumé et gingembre» tout en écoutant la voix suave de la chanteuse argentine de Tango, Adriana Varela, interprétant un de ses titres phares revisité par les génies de la scène électro internationale, Gotan Project.
Le concept de la brasserie musicale flirte ouvertement avec l’industrie du disque par le biais de la commercialisation de compiles des sessions de mixages des différents DJ’s de L’Alcazar. Nous pouvons alors y déceler la volonté de prolonger l’expérience de La Mezzanine de L’Alcazar dans le quotidien de la «tribu de l’assiette chantante».
Dès son ouverture, L’Alcazar a été très acclamé et on alors vu une multitude de restaurants du même genre fleurir dans Paris : leur succès traduit-il un réel désenchantement pour la restauration traditionnelle ?
Nancy WANDA - ISEG Programme EXECUTIVE - 3e année

