Le rouge et le blanc face au péril jaune
Il ne suffisait pas des problèmes de baisse de la consommation et de l’augmentation des prix, voilà que la Chine est en train de développer une grosse production viticole. Pourtant ceci ne doit pas nous étonner si l’on pense que la culture du vin dans l’Empire Céleste est très ancienne. On a en effet retrouvé des traces de la Vitis vinicola remontant à 4 000 ans avant J.C. Les souverains chinois buvaient abondamment les vins de raisins pressés que devaient obligatoirement leur envoyer leurs vassaux en guise de tribut. Marco POLO d’ailleurs rapporte dans le « Milione » les grandes étendues de vignes qu’il lui a été donné de voir dans ce pays. Nonobstant notre conviction que la consommation d’alcools en Chine soit essentiellement à base de distillats de céréales, il faut savoir que les Chinois boivent environ 380 millions de litres de vin par an. La production de vin quant à elle connaît une croissance annuelle d’environ 15 % et devrait tourner autour de 3 millions d’hectolitres. Si on considère le territoire gigantesque de ce pays et le nombre considérable de ses habitants ces chiffres ne sont pas élevés.
La Chine, que ce soit par ses capacités d’organisation, mais aussi par la disponibilité de ses vastes terres à vocation viticoles et par son climat adapté, pourrait devenir rapidement un producteur de vin majeur plan mondial. Et alors on ne devra pas être surpris lorsque dans quelques années, on trouvera dans nos linéaires de supermarchés du vin chinois de qualité et à un prix plus accessible que celui de notre production nationale. Qui sait, peut être que la qualité nous sauvera ?
Lu dans Courrier International :
"Le vin, presque totalement inconnu en Chine avant 1980, est en train de devenir le symbole de la réussite sociale. Les quelques Chinois qui en buvaient autrefois le considéraient comme une curiosité exotique. "Et pourtant, la Chine était productrice, les régions côtières du Shandong et du Hebei avaient leurs vignes", rappelle Time Asia. Mais les Chinois préféraient boire du baijiu, un alcool de grains très fort. En 1996, cependant, le gouvernement, inquiet des effets de cet alcool sur la santé des consommateurs, en a interdit la fabrication, favorisant ainsi la production du vin.
Avec succès, puisque aujourd'hui, en Chine, les signes extérieurs de richesse sont le réfrigérateur, la voiture et la bouteille de vin sur la table. Malgré cette percée, "les chinois boivent en moyenne 0,3 litres de vin par an, ce qui n'est rien comparé aux 12 litres ingurgités annuellement par les Américains et aux 59 litres des Français", rapporte l'hebdomadaire.
La plupart des Chinois, cependant, achètent un vin médiocre produit par de très grosses entreprises industrielles. "Ces producteurs habituent les gens à accepter de mauvais vins. Les grands vins ont donc du mal à s'imposer sur le marché", regrette Xia Guangli, responsable d'une coopérative viticole. "Ce qui fait que le vin chinois manque d'un certain 'je ne sais quoi' et n'est pas près de concurrencer les vins occidentaux", conclut le journal.
Michel SOMAVILLA - Intervenant à l'ISEG Bordeaux


Commentaires
j'imerais savoir ou commander ces vins sans alcool, merci d'avance
cordialement
y lorand
Posté par lorand le mardi 17 juin 2008 | Lien du commentaire