La revanche de l'ail
L’expression latine « alium olere » signifie littéralement puer l’ail. De cette façon, dans l’antique Rome, on désignait la classe sociale la plus basse et la plèbe. Dédaigné des patriciens, l’ail était largement consommé par les paysans et les soldats qui jusqu’alors n’en connaissaient pas les propriétés curatives.
Maintenant cet humble bulbe malodorant a pris sa revanche sur la très fameuse et très sophistiquée pilule bleue dont le monde entier parle pour ses propriétés stimulantes et dopantes de la virilité. Il a suffit d’une émission qui exaltait les propriétés aphrodisiaques de l’ail à la télévision italienne, pour que se déchaîne une véritable course aux achats. Les producteurs ont vu croître leur ventes de 32 %, soutenant que le secret des amants latins tient dans les 50 millions de kilos d’ail consommés annuellement en Italie. Surfant sur ce succès, les organisations paysannes n’ont pas manqué de souligner que d’autres produits de l’agriculture italienne possèdent également des propriétés aphrodisiaques comme les oignons, les échalotes et les piments, espérant ainsi un accroissement des ventes.
S’il y a une grande fantaisie dans l’attribution de vertus aphrodisiaques à certains produits, il y a malgré tout une réelle reconnaissance scientifique à une série de plantes : citons les clous de girofle, la coriandre, les noix de muscade, l’origan, le poivre de Cayenne, le piment, le cèleri et la moutarde, le thym, la vanille et enfin le safran qui semble posséder de réelles propriétés stimulantes.
Michel Somavailla - Intervenant à l'ISEG Bordeaux
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