2AI : Tu as connu l'ancêtre de la console Nintendo dès 1987, puis Internet dix ans après. Pour un éditeur de logiciels, tu as assisté les clients, travaillé avec des chefs de produit.
Quels contenus et modalités pédagogiques en lieu avec ces expériences t'intéressaient à l'ISEG, et comment as-tu convaincu Valérie DMITROVIC de t'intégrer en MCS 4 en 2007 ?
Xavier Yseux : J'avais besoin d'acquérir de nouvelles compétences. Il s'agissait d'abord de découvrir une spécialité qui m'intéressait depuis quelques années, et que j'aurais souhaité connaître afin de changer de poste au sein de cet éditeur de logiciels. J'ai découvert le contenu pédagogique de l'ISEG à l'occasion d'une journée Portes Ouvertes à laquelle j'ai accompagné un ami qui est devenu mon associé à PNeXT. J'ai pensé que le contenu des cours correspondait à ce que je recherchais : je cherchais un enseignement pragmatique et ouvert, proposé par des professionnels des disciplines en question. Je n'ai pas été déçu et j'ai rencontré des enseignants terriblement désireux de diffuser leur propre savoir.
J'espère que Valérie Dmitrovic a été séduite par notre projet : nous avions un projet réfléchi (après tout, cela faisait plusieurs années qu'il était en cours de réflexion) et avons comme les autres passé ensuite, outre l'entretien de motivation, les fameux tests de sélection pour pouvoir entrer directement en 4e année. Pour mon associé, c'était dans l'ordre des choses puisqu'il sortait d'une licence, mais pour moi, c'était une "autre paire de manches" de revenir sur les bancs de l'école après 10 ans dans le monde professionnel. Que notre projet puisse se faire dans le cadre des stages était impératif, cela a peut-être joué en notre faveur en montrant à quel point notre détermination était grande !
2AI : Aujourd'hui, tu as deux activités principales : la publicité pour des éditeurs de jeux vidéo et la vente à distance pour les internautes particuliers.
Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui aurait les mêmes goûts que toi (précédemment), pour lire ce segment de marché et son évolution ?Xavier Yseux : Le secteur du jeu vidéo est un secteur qui évolue vite, et de façon violente : quand nous avons lancé PNeXT en 2007, les joueurs ne juraient que par la Wii, qui se vendait par millions. Le marché s'est retourné à partir de 2009 : oui, le jeu vidéo est un marché dynamique et en croissance chaque année, mais non, ce ne sont pas toujours les mêmes qui s'en sortent le mieux. Les consoles sont comme les modes : elles changent aussi vite qu'elles arrivent !
Quant à la vente de jeux vidéo, c'est un marché hyper saisonnier. Peu importe la créativité des éditeurs de jeux, ils ne vendront jamais autant de jeux qu'à l'approche de Noël. C'est une donnée qu'il est important de garder à l'esprit et qui explique pourquoi, au milieu de jeux comme Call of Duty ou Assassin's Creed sur XBox 360 ou PS3, on trouve des best-sellers comme Beyblade ou Phinéas et Ferb sur DS et Wii !
2AI : le 08/12, tu nous as conseillé avant tout d'explorer, voir, profiter de ce qui se fait ailleurs. Tu avais précédemment beaucoup bougé partout sur la planète.
Te souviens-tu de moments et faits précis, au cours de tes voyages, qui ont été à l'origine de ton entrepreneuriat ?
Xavier Yseux : La France est un pays riche : ses habitants sont avant tout des consommateurs avides de nouveautés. Ces nouveautés, on ne peut pas toujours les imaginer en regardant le clocher du village, car certains pays sont en avance sur nous, notamment les Etats-Unis ou certains pays d'Asie comme le Japon ou la Corée du Sud. L'avance de ces pays est un nid à idées : l'année de création des géants d'Internet (étrangement, la plupart est américaine !) nous montre qu'on pensait web quand en France on se disait encore que le Minitel était une innovation merveilleuse !
Cette démarche d'ouverture sur les autres civilisations est une merveilleuse opportunité de découvrir ailleurs ce qui pourrait marcher chez nous. Ainsi, c'est en constatant qu'Internet était au cœur des usages dans d'autres pays où l'on surfait sur le web depuis plus longtemps que chez nous que j'ai pensé qu'il y avait une place pour nous, d'abord avec PN, puis avec JouerMalin.fr !
Merci Xavier !
Propos recueillis par Yann Hurel