Le désordre : une vertu créatrice ?
Reposant sur de nouveaux fondamentaux, les entreprises du XXIe siècle apparaissent porteuses de germes de désordres. Ces désordres peuvent être associés à l'expansion irrésistible des réseaux sociaux, au développement continu de technologies, à la reconsidération des frontières traditionnelles des entreprises et de leurs stratégies d'innovation et de financement ; ou encore, à la transformation du rôle de l'État. La conjugaison de ces phénomènes conduit à l'émergence d'organisations et au développement de comportements qui s'écartent des sentiers battus et des règles établies et acceptées antérieurement par le plus grand nombre et pourraient bien dessiner les orientations possibles des entrepreneurs du nouveau siècle.
Faut-il s'en méfier au nom de la stabilité et de la pérennité de l'ordre social et de l'économie d'entreprise, et tenter de renforcer le respect de la règle ? Ou bien n'est-il pas opportun de considérer que l'innovation technique, économique et sociale ne peut se produire qu'en transgressant les règles établies ? Ou encore, les phénomènes concernés ne peuvent-ils pas être compris commes des instruments de résistance sociale ou organisationnelle ?
Ces réflexions conduisent à porter un regard approfondi sur la transgression des normes ; sur l'occurrence de nouvelles conditions de création et de diffusion de l'innovation, en relation avec les limites de la propriété intellectuelle et les avantages de l'open innovation ; sur l'intervention de l'amateur comme co-producteur de biens, de services et de sens collectifs ; sur l'émergence du patient-expert, du « lanceur d'alertes », de l'entrepreneur de l'économie sociale, des artisans du micro-crédit et des monnaies locales ; sur le développement de nouveaux territoires différenciés ; etc.
Prévu à la Maison de l'Europe, à Paris, le jeudi 11 avril 2013 et bénéficiant de la collaboration du CIAPHS, laboratoire de recherche de l'Université de Rennes 2, et de l'ISMEA, Fondation François Perroux, ce colloque se donne pour objet de reprendre la question du désordre comme vertu créatrice des entreprises du XXIe siècle, nécessitant de nouveaux outils d'analyse. La problématique abordée se situe au carrefour de plusieurs disciplines, notamment les sciences économiques, les sciences de gestion, la sociologie, les sciences juridiques et les sciences politiques.
Comité d'organisation
Faouzi Bensebaa, Philippe Béraud, Viviane du Castel, Adrienne Jablanczy.
Les projets de communication de deux pages maximum, bibliographie comprise, devront être envoyés avant le 30 novembre 2012 au secrétariat du colloque : viviane.du-castel-suel@iseg.fr. La réponse du comité scientifique parviendra aux auteurs au plus tard le 20 décembre 2012.