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Interview : Caroline Pouchot-Lermans - Mes envies d'international !

Après l'avoir suivie en Chine l'année dernière, nous retrouvons Caroline, étudiante à l'ISEG Business & Finance School Lyon, au Pérou où elle effectue son stage de 4e année.

CIMG8386.jpegBonjour Caroline ! Dites-nous en un peu plus sur votre stage. Quelle entreprise ? Vos missions ?

¡Buenos Dias! Je suis actuellement en stage dans une entreprise spécialisée dans le développement durable au Pérou. En effet, le Pérou connaît de grosses difficultés concernant la gestion de son environnement et de son développement, tant au niveau local qu'au niveau national. A titre d'indication, 15% de la population n'a pas accès à l'électricité. Je réalise des missions de commerce international (principalement import et export vers les pays voisins: Equateur, Colombie, Argentine, Brésil etc... avec lesquels l'entreprise entretient de forts réseaux).

Comme je travaille également sur le thème du développement durable en Chine pour mon Mémoire de Recherche (Chine un jour, Chine toujours !) l'entreprise m'a également autorisée à suivre les projets de développement urbain directement sur le terrain. Il s'agit d'une formidable opportunité, particulièrement enrichissante tant au point de vue professionnel que personnel.

Pourquoi avoir choisi le Pérou ?

Tout d'abord, après avoir plusieurs expériences professionnelles à l'étranger je souhaitais réaliser mon stage de 4ème année dans un pays hispanophone afin de pratiquer l'espagnol en étant totalement immergée. De plus, depuis mon retour de Chine je n'attendais qu'une seule chose: repartir à nouveau, et si possible loin de la France. Le choix du Pérou a également reposé sur divers éléments:

Vous qui êtes partie en Chine l'année dernière pour votre session internationale, quel parallèle faite vous entre ces deux voyages?

Il n'existe que très peu de similitude entre la Chine et le Pérou. En effet, la Chine était une planète à part mais je ne pensais pas connaître un nouveau choc culturel en arrivant à Lima. Ce qui m'a le plus étonné ici c'est le contraste flagrant entre la capitale et le reste du pays. C'est comme si deux Pérou subsistaient en un : Lima est une ville gigantesque (un tiers de la population y vit), le climat est unique (étant au niveau de la mer il s'agit d'un climat continental, particulièrement à cette saison où la « garúa », sorte de brouillard permanent, demeure) alors que le reste du pays est très montagneux (Cusco, berceau de la civilisation Inca, se trouve à 3400m) avec donc des climats relativement opposés. Tout comme il existe plusieurs Chine, j'ai découvert une diversité incroyable, pour un pays qui, je l'avoue, m'étonne de jour en jour. Les Péruviens sont chaleureux (tout particulièrement dans les villes de taille moyenne) tout comme le sont les Chinois. J'ai également été frappé par la pauvreté de la population dès que l'on sort des « lieux à touristes ». En effet, tout comme en Chine, le Pérou n'est qu'aux prémices de la conscience sociale et environnementale.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants et futurs étudiants de l'ISEG Group - Campus de Lyon qui souhaitent voyager ? Quelle particularité au Pérou ?

Il faut savoir que le Pérou est un pays dans lequel la sécurité peut parfois défaillir. Il faut donc vivre dans les quartiers aisés (Miraflores et San Isidro à Lima, ou encore San Blas à Cusco) ce qui entraîne un coût supplémentaire à ne pas négliger. Il convient également d'éviter de sortir la nuit dans certains quartiers. Il faut faire attention aux faux taxis et ne pas exhiber des signes de richesse (avoir une petite tête étrangère suffit à se faire repérer !). En somme, ce sont des conseils qui s'appliquent dès que l'on voyage, mais il est bon d'en prendre bien conscience ici. Le Pérou est en Amérique du Sud, qui n'est pas une zone aussi sûre que ne l'était la Chine (mon point de vue est strictement personnel). N'oubliez pas non plus que nous sommes dans l'hémisphère sud: c'est actuellement l'hiver ici. Lorsque l'on quitte Lima on est très rapidement dans les montagnes, survient alors le « soroche » à savoir le mal des montagnes. Pour cela, je vous conseille de suivre le traitement local utilisé depuis des millénaires par les Péruviens: le maté de coca ou celui de muñia. Enfin, le Pérou se situe à la rencontre de plusieurs plaques tectoniques qui causent fréquemment des tremblements de terre, dont un assez impressionnant il y a quelques semaines. Il faut donc prendre au sérieux les recommandations officielles. N'ayez crainte, le Pérou est bien équipé pour contrer ces phénomènes. Hormis cela, je dirai que les procédures pour aller au Pérou sont classiques (visa de touriste à faire à l'arrivée transformé en visa de stage une fois que l'entreprise a fourni les papiers nécessaires). Ayant été gâtée par les procédures d'entrée en Chine, venir au Pérou c'est bien plus facile. Enfin, saisissez toutes les occasions pour aller à la rencontre des communautés andines. Il est notamment facile de dormir chez l'habitant dans le cadre de tours organisés. Une expérience unique qui change une vie ! C'est une formidable opportunité de comprendre comment les populations vivent, sans tout ce que la modernité nous a apporté (confort, transport, monde ultra-connecté etc). On en prend plein les yeux et cela pousse à l'introspection.
Pour peu que l'on soit ouvert d'esprit et curieux, le Pérou offre une multitude de belles choses à découvrir !

Après ces nombreux voyages, comment appréhendez-vous votre retour en France ? Quels sont vos projets pour la suite ?

J'ai adoré la Chine et je doute que l'on puisse avoir plusieurs coups de cœur si puissants dans une vie, mais grâce à ce séjour j'ai énormément appris sur une culture et un patrimoine incroyable. En effet, la civilisation Inca a existé pendant des millénaires, jusqu'à l'arrivée des Conquistadores espagnols au milieu du XVIème siècle. Je n'ai pas spécialement envie de rentrer, chaque retour est une véritable déchirure. Qui plus est, une fois qu'on a bien goûté à l'international on en veut toujours plus ! Donc, je prépare d'ores et déjà mon retour en France pour la 5ème année, avec notamment le semestre à Paris mais aussi et surtout celui à New York dans l'optique du MBA à la Saint John's University. Suite à l'obtention de mon double diplôme en 2015, je souhaite travailler dans le commerce international ou le marketing international tout en valorisant le travail réalisé dans le cadre de mon Mémoire de Recherche et de mes expériences à l'étranger. Je pense donc rester aux USA après mon double diplôme, tenter ma chance dans un autre pays anglophone ou bien retourner en Asie pour de nouvelles aventures !

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Propos recueillis par Martin GIRARDON