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Le monde de paillettes d'Evelyne Peysson

Evelyne_peysson.jpgLe destin, s’il existe, prend souvent des voies détournées, voire accidentelles. Evelyne Peysson, quand elle se casse malencontreusement le pied, il y a huit ans, n’imagine pas que sa vie va changer de cap. «Je ne sais pas rester inactive. Pour m’occuper, j’ai passé des semaines à peindre des verres. Comme je ne savais plus quoi en faire, je les ai offerts à des amis.»

C’est le début d’une nouvelle passion. Bientôt, elle décide de vendre ses productions sur le marché artisanal de Divonne. Puis elle ouvre une boutique à Cluny, Quincaill’art, en partenariat avec d’autres artistes. Et plus récemment une autre avec son fils Sebastian à Saint-Etienne. Elle accueille également clients et admirateurs dans son atelier-boutique de Saint-Trivier-sur-Courtes, dans le Mâconnais.

La jeune coiffeuse qui organisait des spectacles au Macumba dans les années 90 et participait à des compétitions franco-suisses se mue alors en une artiste hors pair qui oeuvre le plus clair de son temps dans un atelier auquel peu ont accès. Elle l’a aménagé dans une vieille maison familiale dont les murs les plus récents datent du XVIIe siècle - un véritable château de la Belle et la Bête ! Les plus anciens ? «Ce sont les vieux murs du château. On pense qu’ils remontent au XIIe siècle.» Un cadre magique pour les compositions d’Evelyne, qui pour ses créations se laisse dériver sur ses états-d’âme. Elle peint sur verre, sur porcelaine, sur bois, sur toile, bref sur tous les matériaux qui tour à tour l’inspirent. Décoration de vaisselle, meubles peints, tableaux : son talent est protéiforme. «Quand je crée, le temps s’arrête. Je peux rester des heures à oublier les aiguilles de l’horloge.»

 


 

 

Une chose est sûre, Evelyne n’aime pas la répétition. Elle ne sait pas faire deux fois la même chose, ne répète jamais le même motif. Toutes ses créations sont uniques. L’innovation seule la motive vraiment. Son don inné de l’art créatif la fait demander pour des conseils en décoration. Pour des appartements, des maisons, des salles ou des tables de restaurants. Elle accepte volontiers, mais après une jeunesse très «sociale», rien ne la séduit autant que le silence de son atelier. «Je peux vivre en autarcie pendant des jours, et je peux ensuite me lancer dans l’organisation d’une exposition en Suisse. Je procède par périodes.»

Son style ? Evelyne le puise dans l’enfant qu’elle n’a jamais cessé d’être. Un peu fleur bleue. Un monde magique de fées et de princesses. La féérie des couleurs. Sa palette se décline en mauve, turquoise, rose, jaune et orange. Le tout agrémenté de strass de Bohême : elle fait régulièrement le voyage en république Tchèque pour s’en procurer. Evelyne Peysson, à l’image de nombre d’adeptes de l’art décoratif, a choisi de voir le monde tel qu’il n’est pas : coloré, frais et féérique. L’artiste en elle, contrairement à Harry Potter, n’a pas grandi. Ses clients retrouvent dans ses oeuvres l’éclat des soleils anciens qui illuminaient leurs rêves d’enfant. Une madeleine de Proust auréolée de mille lumières.

 

C.S.

 

Quincaill’art, 6 rue Lamartine, Cluny.
Technologie des fées, 6 avenue de la Libération, Saint-Etienne.

 

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