La photographie fige mais ressuscite : sur les traces de l’immortelle Berthe Renard et sa communauté.
Jusqu’au 9 décembre, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de l’avenue Berthelot propose une exposition de Mathieu Pernot rappelant l’internement des Tsiganes en France.
La mise en scène de l’exposition est on ne peut plus déroutante. Quelques pas dans l’auditorium du CHRD, et l’on arrive intimement dans un parcours dédié au souvenir. Mais quel souvenir ? Sur un pan de mur sont exposés des portraits noir et blanc d’hommes et de femmes Tsiganes. Lorsqu’on s’arrête devant celui de Berthe Renard, on peut trouver un casque diffusant les mémoires les plus profondes de son internement. Le fait de se retrouver face à son image, bien que figée par la photographie, transmet un mal être incurable. Là, impuissant, vivant, revivant, les méandres du passé de l’humanité. Son regard poignarde nos entrailles, son visage marqué par la violence ravage l’esprit alors que son air transmet une volonté de s’émanciper du joug de l’ignorance.
R.B

