Plus ou mieux de festivals en France
Comme tous les événements, un festival a besoin de ressources financières afin de mettre en place ses structures, de payer les cachets des artistes et bien d'autres frais.
Pour cela, le « manager » d'un festival doit cumuler autofinancement, partenariats publics et partenariats privés.
Pour ce qui est des partenariats publics, la part des départements est de 26%, celle des municipalités et des intercommunalités est de 21%, celle des régions de 21% également.
Les fonds privés et le mécénat constituent des tendances fortes et leur part représente 15% du budget global des festivals en France.
La recherche d'un mécénat ou d'un sponsoring reste difficile et les résultats de la loi d'incitation au mécénat de 2003 n'a que modérément produit des effets favorables.
Dans ce contexte, les entreprises demandent une contrepartie, notamment l'organisation de concerts privés ou de mise à disposition de places.
Avant de démarcher des sponsors, il faut connaître son projet et penser à son interlocuteur, ses attentes, ses préoccupations. Une entreprise doit trouver des intérêts à se montrer généreuse. Selon Charles Robillard, responsable des partenariats pour le Printemps de Bourges, une société a cinq raisons de se mettre en lien avec un festival. La valorisation de son image, la crédibilisation de son discours par rapport aux publics cibles, la conduite d'opérations de relations publiques pour ses clients, le développement de sa communication interne et la possibilité de présenter un produit ou service spécifique.
Pour décrocher ces partenariats, un commercial doit toujours développer un argumentaire montrant à l'entreprise ce qu'elle peut en retirer, d'où l'importance d'une bonne information sur la fréquentation du public et les retombées médiatiques.
Si la fréquentation des festivals a globalement augmenté, un petit nombre seulement concentre quasiment la moitié des audiences.
Les festivals sont confrontés à des enjeux économiques qui passent par une plus grande professionnalisation pour pérenniser les subventions publiques, pour commercialiser les produits liés et pour augmenter la diversification du public.
De plus la crise de l'intermittence pose le problème du développement des festivals alors que ceux-ci sont actuellement près de 1800 aujourd'hui recensés.
Alors, moins de festivals, mieux de festivals ? C'est le débat engagé par de nombreux intervenants dont l'objectif est de faire émerger des expériences communes et de soutenir la production artistique.
Nous obtiendrons peut être un début de réponse au moment du bilan de la saison 2008-2009. En attendant, bon festival à tous.
Jean-Michel Mandin.
