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Pica$$o et les maîtres

L’événement culturel le plus attendu de la saison 2008-2009 s’avère assurément « Picasso et les maîtres », une immense rétrospective éclatée entre le Louvre, le Grand Palais et le musée d’Orsay. Ici à la radio, là à la télévision, rarement une exposition n’aura autant fait parler d’elle. Alors qu’elle vient juste d’ouvrir, certains y voient déjà « l’exposition du siècle ». C’est en tout cas une rencontre admirable, tant par le caractère exceptionnel des œuvres présentées, que par la difficulté d’avoir réuni de tels tableaux et associé trois grands musées autour d’un même projet.

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Il s’agit sans doute de la manifestation la plus chère de l’histoire des musées français. Selon les estimations, son budget s’élèverait entre 4,3 et 4,6 millions d’euros. En comparaison, cette somme serait deux fois plus importante que l’exposition consacrée à Courbet qui s’est tenue l’année dernière au Grand Palais. « Picasso et les maîtres » a vu le jour grâce au mécénat du groupe LVMH qui a apporté un million d’euros, dont les deux tiers sont affectés au Grand Palais.

2 milliards d’euros exposés

Avec l’explosion du marché de l’art couplée à la crise financière ambiante, assurer 196 œuvres signées par Manet, Rembrandt, Vélasquez… et bien évidement Picasso, relève de l’exploit. Car la valeur cumulée de ces œuvres atteindrait aisément les 2 milliards d’euros. Mais ces toiles ont-elles vraiment un prix ? Peu d’assureurs auraient pris un tel risque, si l’Etat français n’avait pas été partie prenante. Certains tableaux exposés lui appartenant, il s’est logiquement porté garant, ce qui a permis de ramener le coût total de l’assurance à près de 790 000 €. C'est le français Axa Art, le seul à avoir les capacités de couvrir ce type d'événement, qui a été choisi. Le groupe, présent dans 9 pays, assure entre 1 500 et 2 000 expositions chaque année dans l’Hexagone. Une coquette somme à laquelle il faut ajouter plus de 1,3 million d’euros de transport depuis les 30 musées du monde entier, dans lesquels étaient ces œuvres. La scénographie de la manifestation, orchestrée par Jean-François Bodin, ainsi que le montage, auraient coûté environ 750 000 €, plus 250 000 € pour la communication et 1,5 million d’euros pour les frais de fonctionnement et le personnel.

Ticket unique, horaires extraordinaires


A exposition hors-normes, horaires hors-normes. Au lieu de la classique nocturne hebdomadaire, « Picasso  et les maîtres » en propose 5 jusqu’à 22 heures. Les organisateurs sont allés encore plus loin en abandonnant, pendant les vacances scolaires, la traditionnelle fermeture du mardi et en proposant des horaires d’ouverture de 9 heures à 23 heures. Quelques jours avant l’ouverture, les trois musées n’avaient toujours pas réussi à s’accorder sur un billet commun, mais le ministère de la culture a finalement décrété un tarif groupé de 26 €, en vente au Grand Palais et qui sert de coupe-file pour les entrées aux musées d'Orsay et du Louvre. L’entrée seule au Grand Palais s’élève à 12 €. Les organisateurs attendent près de 10 000 visiteurs par jour. Si l’événement attire plus de 600 000 visiteurs (chiffre qui correspond à la fréquentation record de l’exposition Matisse-Picasso de 2002), la Réunion des Musées Nationaux, l’organisateur, espère un excédent d’au moins 800 000 €.

Prêts exceptionnels

Outre les exceptionnels moyens logistiques et financiers mis en place pour l’occasion, on n’a jamais vu un tel rassemblement de tableaux, de mémoire d’amateur. Et pour cause, plus une œuvre est connue et moins son propriétaire est enclin à l’exhiber. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’un musée, car il perd en fréquentation et prend des risques évidents, inhérents au déplacement. « Picasso et les maîtres » n’aurait jamais pu voir le jour sans les intenses tractations, commencées il y a plus de trois ans, des deux commissaires de l’exposition, Anne Baldassari et Marie-Laure Bernadac, respectivement directrice du musée Picasso et conservatrice au Louvre.

Aussi l’exposition a-t-elle pu se monter grâce à la fermeture du musée Picasso qui interviendra au printemps 2009, pour deux années, et qui permettra donc aux collections de voyager. C’est surtout grâce à des échanges, ou plutôt des trocs, que les deux commissaires ont pu réunir autant de chef d’œuvres. Ainsi, en échange de 21 toiles chacun, la National Gallery de Londres et le musée Picasso de Barcelone ont reçu, ou recevront temporairement, des tableaux du maître espagnol pour organiser, à leur tour, une exposition. Des prêts ont été ainsi consentis par le Prado de Madrid ou le MoMa de New York. Entre grands musées nationaux, ces échanges se font bien évidemment gracieusement, mais il arrive que certaines institutions, ou des fondations, demandent des dédommagements pour la location dont les montants restent secrets.

Au-delà des moyens dont elle bénéficie, guère, voire jamais, une exposition n’aura rassemblé autant de chefs d’œuvres, exécutés entre le 16e siècle et 1971. Une concentration inégalée et qui n’est pas loin de relever du fantasme pour tout amateur d’art ou simple curieux…

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« Picasso et les maîtres » : du 8 octobre au 2 février 2009, aux Galeries nationales du Grand Palais. Ouverte tous les jours, sauf le mardi, de 10 h 00 à 22 h 00, le jeudi jusqu’à 20 h 00. Ouverture tous les jours de 9 h 00 à 23 h 00 pendant les vacances scolaires.

http://www.rmn.fr/Picasso-et-les-maitres

1 Commentaire

merci pour ce billet !
cette expo a l’air extraordinaire, j’avais d’ailleurs lu un bon article sur la boite à sorties à http://www.laboiteasorties.com/2008/10/au-grand-palais-picasso-admirateur-et-railleur/
je suis pressée d’y être !

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