Après un de travaux, une restauration de fond en comble, le château de Marie-Antoinette, construit par Gabriel, a rouvert ses portes au public début octobre. Souvent oublié et méprisé en raison de sa proximité avec Versailles, le Petit Trianon constitue pourtant un témoignage unique de l’intimité et de la vie quotidienne de la reine. C’est l’« un des plus beaux joyaux de la couronne de Versailles » d'après Jean-Jacques Aillagon, président de l’établissement public de Versailles, .
Un mécène historique
C'est grâce à Breguet, horloger de la reine au destin tragique qui fait aujourd’hui partie du groupe Swatch (la plus grande société mondiale d’horlogerie) que le bâtiment a pu être restauré. En 2004, Nicolas Hayek, fantasque inventeur de la petite montre suisse, décide de financer ces travaux au cours d’une visite à Versailles. « Je voulais refaire la copie d'une montre unique, créée en 1782 pour la reine, volée en 1983, et restée depuis introuvable. Nous avions besoin, pour l'écrin, de bois provenant du chêne de la reine », explique-t-il. Car en 1999, la terrible tempête a raison du chêne dit « de Marie-Antoinette ».

Lorsque l’arbre est en passe d'être coupé, Nicolas Hayek propose à Christine Albanel, alors à la tête de Versailles, de devenir mécène. La proposition est acceptée : Breguet prend en charge, pour un coût de 5,30 M€, les travaux de fond du petit palais cependant que le château de Versailles se charge de la décoration. Un mécénat sans lequel toute réouverture au public aurait été impossible. Près de 250 personnes vont ainsi travailler pendant un an, durant lequel « la collaboration et l'engagement seront intenses », selon Jean-Jacques Aillagon.
Le temps s’y est arrêté
L’ensemble de la restauration a été pensé comme si Marie-Antoinette venait juste de quitter les lieux, le 5 octobre 1789, quand les émeutiers grondaient devant les grilles du château de Versailles. L’ensemble des décors, des papiers peints aux rampes d’escaliers, ainsi que le mobilier, tout a été refait selon les critères de l’époque et la manière dont vivaient les occupants du Petit Trianon, qui fut toujours habité par des femmes. Construit à l’origine par Louis XV pour Mme de Pompadour, l’une de ses plus célèbres favorites, qui mourut avant l’achèvement des travaux en 1768, il accueillit finalement Mme du Barry. Louis XVI décide ensuite de l’offrir à sa femme. Sa formule aurait été : « Vous aimez les fleurs, Madame, j'ai un bouquet à vous offrir. » Après la disparition de Marie-Antoinette, le bâtiment est vidé puis mis en location. Il reçoit ainsi Pauline Borghèse, la sœur de Napoléon, puis l’impératrice Marie-Louise.
Reine martyre, tête d’affiche
Marie-Antoinette fait du Petit Trianon l’un de ses lieux de villégiature préféré ; elle en transformera d’ailleurs une partie pour en faire un jardin à l’anglaise. En 1867, l’Impératrice Eugénie décide de convertir le lieu en un musée consacré à la reine défunte ; il occupe désormais une pièce du château. L’engouement autour de Marie-Antoinette doit beaucoup à l’Impératrice. Les travaux de restauration ont été l’occasion de refaire à l’identique la bibliothèque de la reine, les cabinets de toilette et certains meubles. Les couleurs d’origine ont été récréées à partir de lambeaux découverts au cours du chantier.
Loin des fastes du château de Versailles, le Petit Trianon surprend par l’harmonie qu’il dégage ainsi que la sobriété de sa décoration. Sa visite constitue l’occasion de (re)découvrir un personnage trop peu connu du grand public et qui mérite pourtant le détour. On doit ainsi à Marie-Antoinette la création de la haute-couture (en savoir plus).
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Le Petit Trianon, domaine de Marie-Antoinette ouvert tous les jours de 12 heures à 19 h 30, accès aux intérieurs jusqu’à 18 heures. Tarif : 9 €.
www.chateauversailles.fr