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La Loire : fleuve confident d'Olivier Debré

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S'il est un Debré qui porte haut et fort les couleurs de la France dans le monde, c'est bien Olivier, l'un des peintres les plus talentueux et les plus prestigieux que la France ait produits dans la seconde moitié du dernier siècle, qui est la période où il exerça ses talents.

Source d'inspiratio intarissable, la Loire livre ses secrets à qui sait l'observer. Et le peintre Olivier Debré était de ceux-là. Dès les années 1960, et jusqu'à la fin des années 1990 qui marquèrent sa disparition, cette figure majeure de l'abstraction lyrique venait se ressourcer sur ses rives. Une cinquantaine de ses oeuvres - dessins et peintures - témoignent de l'interprétation singulière qu'il faisait de ces paysages.

C.S.

Olivier Debré - Paysages de la Loire, jusqu'au 11 mai, Musée des Beaux-Arts d'Orléans, 1 rue Fernand Rabier, Orléans, (45) 002 38 79 21 55.


 

Comment passer à côté du premier prix en trois étapes ?

Vous vous l'êtes toujours demandé... aujourd'hui, ArTyTuDe vous ouvre les portes du secret !
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Etape 1 :
Etre passionné un max, déborder d'envie de voir son travail récompensé (hé oui, tout travail mérite salaire), passer le plus clair de son temps à s'investir dans sa passion, peindre toujours, encore, sans cesse...
Etape 2 :
Faire sécher l'œuvre, négocier ou marchander le prix du vernissage, dérober quelques sous dans le porte monnaie de maman pour pouvoir se payer les frais de port, captiver l'attention de Théodore (le boulet de la classe qui vous voue un amour farouche) afin qu'il vous emmène en voiture au lieu de la récompense (car le train c'est hors budget). Se rendre donc à Albertville tout émoustillé de savoir que vous faites parti des cinq candidats encore en lice... D'ailleurs les concurrents, une nénette qui a reproduit une Ferrari (la classe, hein ?), un vieux de 25 ans faisant les Beaux arts proposant sur une toile gigantesque... le Titanic, et vous sorti de la campagne avec votre toile quelque peu voilée.
Etape 3 :
Aucun doute, ils ne font pas le poids, le prix est pour vous. Vous êtes jeune, créatif, plein d'entrain. Le jury semble impressionné. Pourtant, pas de chance ! Le prix est décerné au type des Beaux arts : normal quoi. « La récompense (qui s'élève à un petit millier de francs) lui servira plus ».
Etape 4 de la recette en 3 étapes :
Se dire que, outre le fait que vous êtes meilleur que lui de toute façon, votre art vous est propre, qu'il n'est pas fait pour plaire mais davantage pour être compris.
R.B

Sebastian Logeais : Les voiles d'un artiste

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Tout a commencé par un regard. Quand je suis entré dans la salle, en plein spectacle, Sebastian était sur la scène. Ses yeux semblaient contenir toute la douleur du monde. C’était un rôle. Ce n’était pas qu’un rôle. Je n’ai pas pu rester. Le lendemain, je suis revenu. J’ai demandé qui il était. On m’a donné son téléphone. Je l’ai appelé.

Il m’a accueilli dans son atelier. Car si Sebastian, depuis dix ans, arpente les scènes de Marseille, de Belgique et maintenant de Rhône-Alpes, le spectacle vivant n’est pas le seul art dans lequel il excelle. Son truc, c’est même plutôt la peinture. A 26 ans, Sebastian est un grand peintre mais il ne le sait pas. C’est préférable : après tout, les roses n’ont pas besoin de connaissances en horticulture pour dégager de suavissimes senteurs. Les oeuvres de Sebastian ont en commun leurs couleurs vives, chatoyantes, tantôt chaudes et tantôt froides. Je suis vite tombé en arrêt devant un petit tableau : Chaleurs estivales. Une abstraction : une tache bleu sur fond orange, une explosion de bleu, comme un épanchement du sang bleu de l’artiste. Immédiatement, j’ai voulu ce tableau. J’ai dit : « Je te l’achète. » Quelque chose m’avait frappé et je ne savais pas quoi. Sebastian m’a parlé si vite que je n’ai pas compris. Peut-être préfère-t-il qu’on n’entende pas les voix qui s’expriment en lui…

J’ai emmené le tableau chez moi, l’ai posé sur un meuble. Il respirait la joie. C’est ce que tout le monde dit des œuvres de Sebastian : un sourire, un bonheur, un jaillissement de couleurs. J’ai observé le tableau, et j’ai vu changer ses couleurs : l’orange devenait noir, le bleu devenait rouge, la douceur se muait en violence, le bonheur en tragédie, le ciel d’été en infernales ténèbres.

J’ai compris que Sebastian ne peignait que des négatifs. Qu’il fallait en quelque sort lire ses toiles à l’envers, que les couleurs procédaient chez lui comme des voiles. Il peint pour masquer ce qu’il veut cacher. Il ne s’expose pas quand il expose, ou alors il se débrouille pour que son exhibitionnisme se situe au pays des aveugles.

J’ai été touché par la violence contenue, domptée, peut-être pas tout à fait maîtrisée de Sebastian. C’est Francis Bacon en harmonies pastel, les personnages de Lucian Freud après une touche de chirurgie esthétique. J’aurais voulu gratter la couche de peinture, aller voir derrière la toile quel terrible secret nous cache Sebastian. Mais à quoi bon chercher le grain de sable dans l’huître qui nous offre ses perles ? Alors j’ai refermé la coquille avec pudeur. Et j’ai envoyé un SMS à Seb pour lui témoigner mon amitié.

CS

Sebastian Logeais, Pyper Concept, 6 avenue de la Libération,               04 77 25 96 63