Le frôlement rapide de pattes d'araignées sur une peau nue...
Des bruits inexplicables que l'on entend la nuit, enfant, dans une chambre close...
Une grande maison vide dans laquelle on devine une présence...
L'aiguille d'une seringue qui se rapproche inexorablement...
Une chose morte emprisonnée dans un bocal de formol...
Le regard fixe d'un grand chien qui montre les dents...
Ce genre d'effroi vous tente ? Alors vous aimerez Peur(s) du Noir.

Sorti quelques jours après, le 13 février, et disponible depuis le 21 août en DVD, ce film d'animation en N&B est une petite merveille de l'angoisse. Dirigés de main de maitre par Etienne Robial (entre autres, père de la maison d'édition Futuropolis et de l'habillage des chaines Canal+ et M6), 8 grands artistes issus de la BD ont donné vie à leurs angoisses.
Blutch, Charles Burns, Marie Caillou, Pierre di Sciullo, Jerry Kramsky, Lorenzo Mattotti, Richard McGuire, Michel Pirus, Romain Slocombe, autant de talents qui se sont lancés dans l'aventure de l'animation en mettant leurs dessins en mouvement à l'aide de techniques très différentes (animation image par image, vectorielle ou 3D...).
Le succès du film tient dans la diversité maitrisée des peurs qu'il procure. Depuis l'angoisse fantastique jusqu'à la terreur du quotidien, on passe par différentes formes d'effroi et chacun peut trouver celle qui lui convient ou le dérange. La virtuosité des artistes sert à merveille l'intention émotionnelle de chaque séquence. Le subtil montage de Robial découpe les différents courts-métrages en scènettes dont l'enchainement savant ne laisse aucun répis. Chaque moment de détente ne vise qu'à faire baisser la garde du spectateur pour laisser la place à la séquence suivante.
On pourrait se dire qu'un dessin animé ne peut pas faire peur, parlez-en à ceux qui ont subi le délicieux supplice de Peur(s) du Noir : quand le cauchemar d'artistes devient un rêve de spectateur...
Nous ne saurions donc trop vous conseiller de vous procurer le DVD de Peur(s) du Noir. A noter que le transfert du film est irréprochable : bien souvent les aplats N&B sont mal encodés sur les DVD, là c'est proche de la perfection. Un grand coup de chapeau également pour les bonus du DVD très riches. Des commentaires de la production jusqu'à la visite guidée de l'exposition organisée autour de la sortie du film, on en prend plein les yeux.