Depuis plusieurs décennies, le football occupe une place prépondérante dans notre société, que ce soit pour les supporters qui suivent les championnats ou pour les joueurs, amateurs comme professionnels, dont le nombre ne cesse de croitre. Bien naturellement, ce phénomène de masse provoque de nombreux débats, y compris celui récurrent du lien entre sport et argent. Les clubs ne deviennent-ils que des entreprises à la recherche unique du profit ? Restent-ils encore des valeurs dans le football ? Autrement dit, le football est-il devenu un sport-business ou reste-t-il un sport-passion ?
Le football, un sport business ?
Le football est envahi depuis quelques années par de riches milliardaires étrangers, comme Chelsea avec Roman Abramovitch. Avec leurs propositions alléchantes et leurs contrats mirobolants, ils peuplent une équipe entière de stars et rendent riches les clubs d’où proviennent ces joueurs. L’exemple le plus frappant est celui de Manchester City en cette saison 2008-2009. Le club mancunien a été racheté par un groupe d’investissement des Emirats arabe unis. D’après al-Fahim, qui représentera le groupe au conseil d'administration du club : "Notre but est très simple, faire de Manchester City le plus grand club du Championnat d'Angleterre et, pour commencer, terminer dans les quatre premiers cette saison". La première recrue fut l’attaquant brésilien Robinho en provenance du Real de Madrid pour la modique somme de 42 millions d’euros. Le club avait dans son viseur Kaka, le milieu brésilien vedette du Milan AC, et mit sur la table 110 millions d’euro et un salaire hebdomadaire de 250 000 € ! Mais malgré cela, le joueur décida de rester dans « le club de son cœur », comme quoi parfois on ne peut pas tout acheter…
Mais cela était sans compter le nouveau président du Real, décidé à éditer la deuxième série des « Galactiques ». Après les Zidane, Figo Ronaldo, Beckham ; Florentino Perez a commencé sa campagne en tapant très fort.![]()
En effet en deux semaines il a réussi à s’approprier les services du Brésilien Kaka et ceux du Portuguais Ronaldo pour la somme de 159 millions d’euros, une broutille….
Les sommes en jeu dans le football sont sans commune mesure avec celles des autres sports. Ainsi, en moyenne, un footballeur évoluant en Ligue 1 touche 40 000 euros par mois. Les seconds, les basketteurs, émargent à « seulement » 10 000 euros et avec 3 000 euros, les handballeurs ferment ce classement. Comment expliquer de pareils écarts ? La forte médiatisation du football est un premier élément : ce sport étant le plus pratiqué et le plus suivi dans le monde, les différentes chaines s’arrachent les droits TV. Pour la L1, ceux-ci ont été cédés cet été pour 668 millions d’euros. Ensuite, le football génère de l’argent via les places vendues dans les stades : en L1, l’affluence était l’année dernière de 8,3 millions de spectateurs, soit un revenu de 65 millions. Les produits dérivés génèrent également beaucoup de profits : écharpes, ballons et surtout maillots de foot. Un maillot floqué au nom d’une star du ballon rond se vend en moyenne 75 euros ! Enfin, d’autres sources de revenus ont fait leur apparition ces derniers temps. L’Olympique lyonnais possède désormais ses salons de coiffure, ses bars de supporters, ses boutiques, et l’OL est entré en bourse début 2007, avec une capitalisation boursière de 93,2 millions d’euros. Aujourd'hui, l'ensemble de ces produits dérivés et activités annexes représentent plus de 20 millions d'euros pour ce club, soit le budget moyen d’un club de L1.
Cependant, la médaille a un revers : corruption et tricheries. Depuis une vingtaine d’années, le football est éclaboussé par plusieurs scandales. Pour gagner des matchs, des titres et donc de l’argent, certains n’ont pas hésité à corrompre arbitres ou joueurs : affaire VA-OM à l’époque où Bernard Tapie présidait le club marseillais, corruption d’arbitres par la Juventus de Turin... La recherche effrénée du capital voile les valeurs du sport.
Le football, un sport loisir ?
Durant leur apprentissage, les jeunes footballeurs intériorisent un état d’esprit : respect de l’adversaire, de l’arbitre et de ses coéquipiers, esprit d’équipe… On ne joue pas pour soi mais pour l’équipe et pour les supporters. Par ailleurs, les matchs, très physiques, poussent les joueurs à puiser dans leurs propres ressources, à se dépasser. Ces valeurs seront plus tard des qualités recherchées en société et notamment en entreprise.
Mais au-delà de cette dimension individuelle, le football joue aussi un rôle essentiel à l’échelle de la société. Pratiqué par 270 millions de personnes dans le monde, le football est aujourd’hui le sport numéro un dans la majorité des pays et domine presque entièrement certains continents comme l’Afrique, l’Amérique du Sud ou l’Europe. Sa popularité s’explique en partie par son accessibilité et sa simplicité : pas besoin de beaucoup de dépenses, un ballon suffit pour pouvoir s’exprimer. De nombreux supporters font partie de fan-clubs. Ils se retrouvent dans des bars, ou simplement chez l’un ou l’autre le temps d’un match, moment entre amis unis par la même passion ; d’autres n’hésitent pas à faire des centaines, voire des milliers de kilomètres pour soutenir leur équipe. La population entière d’une ville est mobilisée durant une période de victoires, les habitants étant animés par la seule joie de voir leur équipe se hisser aux rangs les plus élevés. Récemment, quelques petites équipes ont marqué les mémoires, comme Carquefou, modeste club de Loire-Atlantique, lors de la Coupe de France 2008, et pour elles, le football reste un sport loisir : elles privilégient le plaisir et permettent à leur ville de se faire connaître. Le football peut jouer ce rôle fédérateur à l’échelle d’un pays : en 1998, de nombreuses personnes, tout âges et sexes confondus étaient rassemblées autour d’écrans géants à travers la France, soutenant leur équipe nationale. Les Français se sont rassemblés pour fêter la victoire en dépassant les limites traditionnelles du public : les femmes, notamment, ont témoigné de leur engouement à une échelle inédite.
Ainsi, si l’appât du gain est devenu omniprésent, le football reste une passion pour la grande majorité de ses pratiquants malgré les différents scandales financiers. Toutefois, ceux-ci ne sont pas les seuls à entacher l’image de ce sport : depuis quelques années, le racisme et la violence deviennent également monnaie courante. Il reste à espérer que la passion désintéressée l’emportera dans l’esprit de la majorité des joueurs et des supporters.
Extrait du dossier « Le football, sport business ou sport passion » réalisé en cours de Technique d’expression et de communication et dirigé par Julien Louis, responsable pédagogique EXECUTIVE.
Pauline Elger, Julien Ley, Philippe Lohmann (EXE2)
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