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La maladie d'Alzheimer

Neurones.jpgLa maladie d’Alzheimer touche depuis une dizaine d’année, et un peu plus chaque jour, les populations âgées de nos sociétés. Maladie évolutive du cerveau, elle porte gravement atteinte à la faculté de penser et à la mémoire ; il s’agit de la forme de démence la plus courante. Ces troubles cognitifs évoluent si lentement qu’il est difficile au début de les détecter et qu’ils peuvent sembler bénins. Ils touchent essentiellement la vie quotidienne : les patients oublient les visites, les rendez-vous, les coups de téléphone, car en premier lieu c’est la mémoire des faits récents qui est touchée. Leurs proches ont trop tendance à croire qu’ils sont seulement déconnectés du monde réel car, grand piège clinique de la maladie d’Alzheimer, la mémoire des faits anciens est souvent préservée. La maladie affecte également le comportement, qui devient très inconstant : périodes de repli sur soi, moments de dépression, d’agressivité ou de mutisme alternent avec phases de joie et d’amour. La maîtrise de l'humeur et des émotions devient parfois impossible et face à la détérioration de son quotidien, le malade perd l’estime de lui-même. A long terme, la maladie a un impact sur l’état général. Cerveau.jpgLes troubles alimentaires engendrent un amaigrissement conséquent. Le sujet devient de plus en plus dépendant, affaibli et ses défenses immunitaires s’amoindrissent. Les infections que ces symptômes peuvent engendrer sont souvent à l’origine du décès.
Malheureusement, le vieillissement de la population est favorable au développement de la maladie d’Alzheimer. On prévoit qu’en 2050, la France comptera plus de 11 millions de personnes âgées de 75 ans et plus et près de 5 millions de plus de 85 ans, soit trois fois plus qu’aujourd’hui. Or, on estime que 870 000 personnes de plus de 65 ans sont atteintes de maladies d’Alzheimer, soit 3 millions de personnes directement ou indirectement concernées (proches, personnel hospitalier…), et on dénombre 225 000 nouveaux cas tous les ans. Il y aurait 32 millions de malades dans le monde, et pour 2020, les chercheurs prévoient qu’une personne sur quatre âgée de plus de 65 ans sera atteinte. Or, les symptômes apparaissent sur des sujets de plus en plus jeunes.
 

Le problème essentiel de cette maladie, c’est que nous ne connaissons que très mal ses causes. Facteurs génétiques et héréditaires semblent jouer un rôle, mais les maladies cardiovasculaires l’hypercholestérolémie, l’obésité voire l’exposition à des produits toxiques sont également des facteurs de risque. Dès lors, si de nombreux essais thérapeutiques de vaccins sont en cours depuis près de 10 ans, aucun n’a encore réellement abouti. Aussi, les pouvoirs publics se dirigent plus vers la recherche de traitements pour soigner les personnes déjà atteintes. Des médicaments permettent d’atténuer les symptômes de la maladie et peuvent améliorer le fonctionnement cognitif, mais peu ont eu l’obtention de l’AMM (autorisation de mise sur le marché) qui a été développé spécifiquement pour la maladie d’Alzheimer. Leur efficacité tout au long de la maladie n’est pas garantie et ils peuvent provoquer des effets indésirables. Aucun traitement ne permet donc de guérir de la maladie.alzheimer.jpg
De nombreuses infrastructures se mettent en place au fil des années pour assurer un meilleur suivi. Des associations spécialisées organisent des conférences pour soutenir les familles et faire avancer la recherche, agissent auprès des pouvoirs publics pour que la maladie soit officiellement reconnue et forment des aides pour les personnes atteintes. Les unités spécialisées se sont largement développées depuis quelques années, sous forme de maison de retraite ou de long séjour, pour favoriser le confort et la qualité de vie des patients. En Alsace, l’une d’entre elles s’est implantée à Dorlisheim (Sarepta) et peut accepter des personnes dépendantes âgées.
Ayant pris conscience de l’ampleur que prend cette maladie, l’Etat à mis en place un plan d’action d’un budget de 1,6 milliards d’euros, autour de trois objectifs. D’abord, un renforcement de la recherche, avec 200 millions d’euros supplémentaire sur une durée de 5 années et la création d’une fondation de coopération scientifique. A terme, il s’agit de valider un diagnostic et un traitement. Ensuite, une meilleure prise en charge des malades et des familles par la mise en place de trois "centres mémoire de ressources et de recherche" d'ici 2012 pour l’autonomie et l’intégration des malades. L’idée  est  de réduire les délais d’obtention d’un rendez-vous et d’un diagnostic. Enfin, progresser  dans la qualité de vie des malades par le renforcement de l'offre à domicile, notamment, en adaptant l'habitation du malade, et le dégagement de 30 000 places supplémentaire en établissement.
C’est avec confiance et  espoir que cette lutte difficile continue et progresse pour qu’un jour cette pathologie soit bannie de notre entourage. Mais cela tient aussi à chacun d’entre nous. Les facteurs de risque peuvent être réduits en faisant attention à nos habitudes de vie, c’est-à-dire à notre alimentation, à l’exercice physique, au tabagisme… Le dépistage précoce reste le meilleur moyen de lutte. Ainsi, des essais thérapeutiques chez des sujets apparemment normaux pourraient être envisageables bien avant le stade de la démence constatée. Car il vaut mieux prévenir l’apparition d’une maladie que de devoir la soigner.
 

Extrait du dossier « Comment lutter contre le développement de la maladie d’Alzheimer ? » réalisé en cours de Technique d’expression et de communication et dirigé par Julien Louis, responsable pédagogique EXECUTIVE.

Marion ILLER, Baptiste MEYER, Jérémy TRABUCCO (EXE2)
 

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