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Publication de "Management & Financement de l'Innovation" par Bernard Yon et Bernard Attali, intervenant à l'ISG

Bernard Attali, associé dans un cabinet de conseil international, WillBe Group, intervient à l'ISG dans le Master of Science "Audit et Contrôle de Gestion". Il a publié, avec l'économiste Bernard Yon, un ouvrage sur les méthodes de financement de l'innovation.

Bernard_Attali.jpgLe fait que l'on entre dans une « compétition planétaire » de l'innovation est-il une bonne chose ?

C'est une bonne chose au niveau macroéconomique puisque l'innovation est une composante du progrès technique. Mais cela peut avoir des effets négatifs pour ceux qui restent à l'écart de l'innovation. Comme disait Schumpeter, on va parler de « destruction créatrice ». L'innovation est donc globalement une très bonne chose mais ça entraîne la disparition de certaines filières : je pense par exemple qu'avec Uber, qui propose un service nettement supérieur à celui de ses concurrents, les taxis auront disparu dans dix ans. Donc oui, c'est une bonne chose globalement au niveau macroéconomique mais ça peut entraîner, au niveau microéconomique, des disparitions d'entreprises. Nous pouvons également prendre Kodak comme exemple : cette société qui faisait des films n'existe plus aujourd'hui à cause du numérique.

Est-ce toujours difficile en France de financer son projet ? Est-ce plus facile ailleurs ?

C'est compliqué en France. C'est compliqué quand une société sort de la « love money », c'est-à-dire du cercle des amis, pour intégrer une sorte de zone grise où elle cherche entre 300 000 et 3 millions d'euros. C'est ce qu'on appelle la phase de capital développement. La « love money », jusqu'à 200 000 ou 300 000 euros, c'est relativement facile parce qu'on a des amis, des anciens camarades d'école. C'est compliqué - et long - si vous cherchez un million d'euros, par exemple : c'est beaucoup pour la taille de l'entreprise mais ça n'intéresse pas forcément les fonds. C'est pour cela que beaucoup vont sur le marché américain. Ce qui peut débloquer la situation, c'est le crowdfunding qu'on voit arriver depuis un an ou deux. Il tend à devenir la « phase de test ». Si une société arrive à lever 300 000 euros en crowdfunding, pour les fonds c'est un gage de fiabilité qui les encourage à investir eux aussi. Sinon, c'est sûr qu'à New York c'est plus facile. Ce n'est pas impossible en France, mais c'est encore compliqué.

Justement, les mécanismes de financement de l'innovation ont-ils été révolutionnés en dix ans ?

Je ne dirais pas qu'ils ont été révolutionnés. Le crowdfunding est une méthode intéressante, mais pour l'instant elle ne fait office que de banc d'essai. Certains peuvent avoir des avis divergents - mais je ne parlerais pas de révolution.

une attali.jpgEst-ce que le numérique a changé les choses ?

La transformation digitale a changé les choses. Il y a beaucoup de créations aujourd'hui qui ne sont plus seulement des sociétés de biotechnologies, de services informatiques, d'Internet. Il y a maintenant des créations autour de sites collaboratifs, ce que l'on ne voyait pas il y a quelques années. Ce qui est nouveau, c'est le modèle de l'économie numérique : il y a des prospects qui viennent me voir et qui me demandent comment lever des fonds pour lancer un site, une plateforme. Le site Web est plus qu'un outil de communication, il peut être un outil d'échange, de flux de transactions.

Que conseillez-vous aux jeunes entrepreneurs aux idées innovantes ?

La première chose à faire avant d'aller voir des fonds, ce que je conseille aux jeunes et aux moins jeunes, c'est de bien travailler son business plan. Et quand je dis travailler le business plan, ce n'est pas tellement l'aspect financier. C'est le marché et la ligne du chiffre d'affaires : en quoi mon produit est-il vraiment innovant ? Il faut faire une analyse stratégique du marché, avant même le financier et le juridique. Et c'est là-dessus que ça pèche, le plus souvent. Les gens viennent nous voir avec une idée sans avoir vraiment analysé leur marché. Il n'y a rien de compliqué, il ne s'agit pas de faire de la finance. Quel est le marché ? Qui va acheter mon service ? Comment je vais financer mon activité ? Il faut que les gens aient la démarche de prendre une feuille de papier, de se poser et de répondre à ces questions. On n'est pas encore dans l'ingénierie financière, c'est du concret.

Management et financement de l'innovation, de Bernard Attali et Bernard Yon, éditions Eyrolles

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L'Institut Supérieur de Gestion (ISG), membre de IONIS Education Group, créé il y a près de 50 ans est une Grande Ecole de Commerce, visée par l'Etat, membre de la Conférence des Grandes Ecoles et du Chapitre des Ecoles de Management. Le diplôme Grande école de l’ISG est visé Bac+5 et confère le Grade de Master. Sa pédagogie innovante et en phase avec les entreprises est au service de sa mission : former des managers responsables, créatifs, entreprenants et aptes à évoluer à l’International. L’ISG s’appuie sur un réseau de 125 universités partenaires dans 50 pays et sur son association d’anciens élèves, comptant 20 000 diplômés. L'ISG propose des formations pour tous les profils, de Bac à Bac+5, mais aussi des programmes de formation continue et de VAE pour les personnes ayant déjà une expérience professionnelle. L’ISG forme chaque année près de 3 500 étudiants au sein de ses programmes. Depuis sa création, l'ISG a acquis une reconnaissance internationale, il est membre de l'EFMD, de l'AACSB de CLADEA, de l' AmCham et partenaire de l'UNIDO. Son laboratoire de recherche, le GRiiSG, a pour thèmes de recherche principaux : entrepreneuriat et marché, management et innovation et management des risques.
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