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ISG Planète Ouverte

Dans ce blog, des anciens élèves et des étudiants de l’ISG vous font partager leur expérience aux 4 coins de la Planète.
Ils témoignent de leur vie « ailleurs » et nous ouvrent vers d’autres horizons.
Diversité, ouverture sur le monde, échange, c’est tout l’esprit ISG.

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19 février 2007

"Ma vie russe" de 1992 à 2006

port_den_150J'ai vécu en Russie de 1992 à fin 2006. Avant cela, j'avais résidé et travaillé dans de nombreux pays. En fait, en trente ans de carrière j'ai travaillé 27 ans à l'étranger. Aujourd'hui, je passe plus de temps à Paris qu'à Moscou, mais mon activité professionnelle est toujours centrée sur la Russie.

J'aimerais vous faire part de cette longue expérience dans un pays où j'ai vécu de très près une évolution comme on en vit peu dans une vie. C'est d'ailleurs une partie de mon métier d'aujourd'hui que de partager mon expérience. Quand je n'aide pas des PME à s'installer ou à développer leurs affaires en Russie, j'organise des séminaires de formation interculturelle où je parle beaucoup de ce pays.

La première chose à laquelle doit s'habituer celui qui vient habiter et travailler en Russie est l'énorme décalage entre l'image du pays à l'étranger, et la réalité intérieure.

moscou_150Ce décalage a diminué ces dix dernières années, mais il reste très grand. La diminution du décalage est d'ailleurs plus due à la prise de conscience de la sottise des premiers commentaires dans les années 90 qu'à une meilleure connaissance de la réalité russe.

L'étranger (Europe et Etats Unis principalement) a le sentiment qu'il a vaincu le communisme et considère donc la Russie comme un pays de vaincus. Il pense également que les Russes ont tout à apprendre dans le domaine de l'économie de marché et de la démocratie.

De son côté, le Russe se voit comme le seul vainqueur du communisme. D'autre part, son pays a fait partie des grandes puissances mondiales pendant plus de deux siècles. Il supporte donc mal les leçons de l'étranger. Il les supporte d'autant plus mal qu'effectivement la disparition de l'autorité de l'état typique des "années Eltsine" a fait descendre la Russie très bas dans l'échelle des pays développés.

st_peterbourg_150
Ce sentiment a contribué à la nostalgie d'une majorité des citoyens russes pour l'ancien système. Il ne s'agit nullement d'une prise de position politique. C'est seulement le regret du temps où la vie matérielle était plus douce. Ainsi, 67% des Russes regrettent-ils, aujourd'hui, l'ancien système (sondage effectue en 2005).



Et l'ex-président Mikhail Sergueievitch Gorbachev qui a si bonne presse à l'étranger est considéré par les Russes comme le pire de leurs dirigeants.

Enfin, il existe, en Russie, un très fort sentiment d'injustice. Les Russes pensent que dans leurs rapports avec eux, l'Europe, les Etats Unis et les grandes organisations internationales appliquent trop le système du "deux poids, deux mesures". On l'a vu récemment dans l'affaire des négociations gazières entre la Russie et l'Ukraine, ou entre la Russie et la Biélorussie.

stpetersbourg_150J'aimerais mentionner également que, contrairement aux idées reçues, Moscou est sans aucun doute une des capitales les moins dangereuses du monde. Les policiers s'y promènent seuls dans le métro et les femmes rentrent seules chez elles la nuit, même dans les banlieues éloignées du centre. Tout n'y est pas idyllique pour autant et la tolérance à la violence de la société russe est beaucoup plus élevée que la nôtre. D'autre part, la démocratie ne se décrète pas et les citoyens russes ont encore beaucoup à apprendre quant à l'utilisation de leurs nouveaux droits.

Si vous le voulez, je revivrai pour vous, sur ce blog, ces quatorzes années au cours desquelles la Russie est passée du communisme à l'économie de marché, en passant par une période floue où l'absence quasi-totale d'état (les années Eltsine) a permis les dérives les plus folles.

1 février 2007

La Suisse, mon séjour à durée indéterminée

zuerich_150Je me suis installé à Zürich depuis plus de 6 ans. Ce qui n'était au départ qu'un contrat d'expatriation de 3 ans s'est finalement transformé en un séjour à durée indeterminée.

Ce qui m'a convaincu de rester?: la qualité de vie en général, les montagnes, la position centrale de la Suisse en Europe (en 1h d'avion, on peut aller aussi bien à Barcelone qu'à Rome ou à Budapest)...

Le plus difficile reste de comprendre le dialecte local, le "schwiizerdütsch", une variante exotique de l'allemand :)! Le pire, c'est que chaque canton dispose de sa version locale ce qui naturellement multiplie la difficulté.

Hormis cette particularité linguistique, Zürich est une ville très multi-culturelle avec notamment une importante communauté italienne... Imaginez donc ma profonde détresse le lendemain du 9 juillet quand j'ai du écouter avec un sourire forcé les commentaires de certains de mes collégues!

Au fait... je travaille chez Sunrise, le numéro 2 de la téléphonie en Suisse, au sein du Customer Care. Le marché des télécommunications est encore en retard par rapport à la France par exemple. La libéralisation du dernier kilomètre vient d'être voté et entrera progressivement en vigueur d'ici la fin de l'année. Malgré tout, Swisscom, l'opérateur historique, écrase encore le marché.

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