école de commerce

Diplôme bac+5, Visé par l'État, Grade de Master

Vivre en Chine : une aventure où tout est possible

Kevin Bouskila, en 3ème année du Master Grande Ecole, effectue un stage en Chine. Cette expérience internationale et professionnelle est synonyme d'aventure et de challenge.

"À la recherche d'un nouveau défi intellectuel, jʼai orienté mes recherches de stage de fin dʼétudes vers un pays en voie de développement, notamment en Chine, dans le but de vivre une expérience enrichissante, à la fois personnellement et professionnellement. Découvrir une nouvelle culture, un nouveau mode de vie, ont été un critère de choix décisif dans lʼorientation de mes recherches. Et cʼest plus précisément dans la ville de Zhuhai que jʼai décidé de vivre cette aventure.

Zhuhai se situe entre Shenzhen, Hong Kong et Macao le long de la côte du sud-est du pays et donne sur une vaste étendue dʼeau bleue et de collines vertes au nord. Avec 1,5 millions dʼhabitants, Zhuhai est une «petite» ville selon les standards Chinois. Grâce à sa localisation géographique idéale et à la douceur du climat, Zhuhai est pour moi, lʼun des endroits les plus agréables à vivre en Chine. À mon arrivée dans le pays, je me croyais dans un autre monde : des gens parlant une langue incompréhensible, des pancartes sur lesquels étaient dessinés des caractères extrêmement difficiles à identifier, mon attention était constamment sollicitée par quelque chose de nouveau comme un enfant qui découvre le monde les yeux grands ouverts.

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Ici tout est différent de ce que lʼon a pu connaître en Europe, que ce soit les paysages, les routes, les villes... Je me suis très vite rendu compte que le simple fait dʼêtre un étranger sur le sol chinois était en soi, une sacrée aventure ! Je ne mʼattendais absolument pas à ce que des inconnus me scrutent uniquement parce que jʼétais étranger et encore moins à ce quʼils me demandent de prendre une photo à leur côté. Se faire dévisager sans la moindre discrétion de la part des chinois fait partie de la vie de tous les jours dʼun étranger en Chine. Mais avec le temps, jʼai compris que cʼétait par curiosité. Au final, on sʼy habitue et cʼest parfois une opportunité de rencontrer de nouvelles personnes. Se faire comprendre pour changer de lʼargent, lire un menu en chinois ou encore essayer dʼidentifier un caractère sur une carte nʼont pas été une mince affaire. Il est rare de trouver à Zhuhai, des chinois anglophones, contrairement à dʼautres villes de Chine plus «occidentalisées», comme Shanghai ou Shenzen. Au fil du temps, on sʼhabitue à se faire servir un pied de poulet bouilli alors qu'on était persuadé d'avoir commandé un «shaofan» (riz frit). Cʼest pourquoi, il est indispensable de connaître quelques mots de chinois pour tenter de se faire comprendre, même si le résultat risque dʼêtre surprenant...

Jʼai demandé à mes collègues de me conseiller un lieu, où me faire masser selon la tradition locale. Une fois devant le centre de massage, je me suis rendu compte quʼil sʼagissait plutôt dʼune clinique de médecine chinoise ou plutôt, de mon point de vue, dʼune salle de torture : une dizaine de tables de massage sur lesquelles étaient allongés quelques habitués se faisant masser par des gros chinois torses nus. Le kit parfait du sérial killer était étalé sur la table : pinces, aiguilles... Une fois ma tête enfoncée dans la table, le masseur sʼest mis à me frotter avec acharnement mʼa proposé de mʼappliquer une lampe à effet chauffant au-dessus du dos. Le massage nʼétait pas très agréable et il était difficile de se faire comprendre, pour lui demander dʼy aller avec plus de délicatesse. Cʼest à ce moment précis que je me suis rendu compte de lʼutilité de savoir parler chinois ! De manière surprenante, le lendemain, ma douleur avait totalement disparu et je me tenais beaucoup plus droit.

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Depuis mon arrivée en Chine, jʼai rencontré des gens extraordinaires, que ce soit des «locaux» ou des personnes venant des Etats-Unis, dʼAngleterre, dʼAustralie, dʼInde, du Mexique ou du reste du monde. Cʼest lʼoccasion pour moi de pratiquer l'anglais et de mʼhabituer à des accents parfois un peu exotiques. Je partage actuellement un appartement avec deux autres stagiaires, lʼun venant de Manchester et lʼautre du Canada, ayant grandi au Congo et étudié à Shanghai. Ce sont des personnes très intéressantes avec qui je mʼentends très bien. La colocation nous permet de sortir en groupe et de rencontrer de nouvelles personnes.

La plupart des rencontres en Chine se font la nuit après les horaires de travail, dans les bars ou les boîtes de nuits dans lesquelles se retrouvent des expatriés et de riches chinois qui nʼhésiteront pas à vous offrir un verre uniquement parce que vous êtes étrangers. Refuser lʼoffre dʼun chinois est perçu comme un manque de respect voir une insulte, tout comme le fait dʼaccepter un cadeau avec une seule main. La réception dʼun cadeau (ou de tout autre objet) se fait avec les deux mains. Ce geste dʼhumilité montre de la reconnaissance et du respect envers le donneur. Au-delà de ces valeurs de vie dont font preuve les chinois, jʼai aussi remarqué lʼimmense serviabilité de cette communauté. Se faire servir systématiquement un verre dʼeau quand on va chez le coiffeur, se faire prêter un parapluie quand il pleut, ou encore se faire suivre de près par un vendeur dans un magasin de vêtements à lʼaffut de vos moindres faits et gestes dans le but de vous servir avec efficacité, sont des choses qui font partie de la vie dʼun étranger en Chine.
Cette expérience mʼa permis de me rendre compte de la beauté du pays mais aussi dʼouvrir les yeux sur la pauvreté, le niveau de vie, le rythme de travail excessif, le fossé économique entre le pouvoir dʼachat des français et des chinois. La Chine reste un pays merveilleux et y vivre est une aventure de tous les jours où tout est possible."

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