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Comment s'est passé le 1er évènement interprofessionnel de Sup'Biotech ?

Rappel

«  L’envol des biotechnologies françaises : aspects économiques, RH et formations »

Participants : une soixantaine de professionnels des Biotechnologies (consultants, entrepreneurs, chargés de mission, chargés de valorisation, DRH….) + 20 étudiants Sup’Biotech + 18 intervenants + 5 membres de l’équipe Sup’Biotech + 3 journalistes

Lieu : Parc d'entreprises Biocitech à Romainville au nord de Paris (métro ligne 5)

Rebondissement dernière minute

Il fallait bien que cela arrive, toute l'organisation s'annonçait trop bien : le 1er modérateur de la table-ronde a dû se désister 3 jours avant l’évènement. J'ai donc eu une poussée d'adrénaline à chercher un remplaçant pendant le week-end précédant l'évènement . C'était mission impossible, trop rares sont les professionnels qui n'ont pas un agenda rempli  dans les 8 jours qui arrivent et je devais trouver quelqu'un capable d'animer le débat dans un délai de 48h ! Finalement, je me suis tournée vers les participants à l'évènement, puisqu'ils étaient inscrits pour écouter les tables-rondes c'est qu'ils étaient disponibles le 3 février matin. J'ai eu l'agréable surprise de constater la solidarité de mon réseau : j'ai proposé à 4 personnes que je connaissais d'endosser le rôle de modérateur et les 4 m'ont répondu par l'affirmative : sauvée ! Merci à vous...

Le Jour J :

Introduction de la conférence par Jacques Lhomel, directeur du Parc Biocitech qui présente l’historique du parc (ancien site industriel Roussel Uclaf), son développement avec l’arrivée de 2 nouvelles entreprises qui porte le nombre à 24 résidents à Biocitech et les perspectives d’avenir (extension des locaux). David Sourdive de Cellectis complète l’introduction en annonçant le fort intérêt du pôle de compétitivité Medicen à soutenir un évènement en lien avec le développement économique des Biotechnologies et la valorisation des compétences.

1ère table-ronde sur « le développement économique, stratégie d’implantation et proximité des compétences »

par le modérateur Frédéric Faivre. Présentation des 6 intervenants :

  • Mr Alexandre Leroy, directeur d’IDIS, société d’accompagnement marketing pour les entreprises des sciences du vivant.
  • Mme Dominique Parganin, Directrice Innovation, Agence du développement du Val de Marne
  • Mr Jean-François Boussard, CFO de Theraptosis, entreprise de Biocitech
  • Mr Jean Pachot, CEO d’Oroxcell, entreprise de Biocitech
  • Mr Olivier Martinez, Directeur investissements Bioam gestion
  • Mme Roxanne Nuhaily, Director of International Studies of UCSD Extension, San Diego, Californie

Chaque intervenant dispose de 10 min pour présenter son sujet. Gestion du temps de parole grâce à un étudiant de Sup’Biotech assis au 1er rang et qui endosse le rôle de maître du temps.

1ère présentation par Mr Leroy sur l’implantation réussie d’une start-up aux USA : profiter de la crise pour saisir les opportunités comme le « drug discovery » grâce aux réserves financières des grandes compagnies pharmaceutiques. Implantation favorisée par la réactivité américaine et un taux de change favorable. Importance de bien choisir ses partenaires locaux et d’avoir des garanties financières. Présentation de la filiale IDIS aux USA et de ses références américaines (Merck, Novartis…)

2ème présentation par Mme Parganin sur les atouts du Val de Marne pour soutenir les entreprises innovantes comme favoriser le rapprochement des laboratoires et des entreprises, organiser des évènements comme une convention d’affaires, les cycles des matinales sur des sujets liés à l’innovation, créer le réseau des Business Angels du Val de Marne…

3ème présentation par Mr Boussard sur l’historique de la société Theraptosis, de sa création en 2001 (spin-off de Pasteur) à sa disparition… Témoignage très intéressant sur l’issue négative d’une création d’entreprise. Analyse rapide des raisons de l’échec de la société, business model basé uniquement sur une activité de recherche sans aucun chiffres d’affaires et dépendant des levées de fond. Modèle fragile, encore plus déstabilisé par un déménagement coûteux et des conditions locatives contraignantes, aboutissant à la fermeture de l’entreprise au printemps 2009.

4ème présentation par Mr Pachot, témoignage de la success story vécue par Oroxcell, entreprise de biopharmacie créée en 2004 avec un modèle mixte prestations & recherche. Société en plein développement qui a su saisir des opportunités réglementaires récentes. Société impliquée dans plusieurs projets Medicen dont les effectifs et le CA sont en croissance. Conclusion sur les « fleurs » (statut JEI, formations de qualité…) et les « épines » (taxe professionnelle, calcul du crédit impôt recherche…) de la création d’entreprise. Présentation très intéressante mise en face de celle de Theraptosis.

5ème présentation de Mr Martinez, brève intervention informelle sur le rôle des hommes expérimentés, les seniors, dans le développement des entreprises innovantes.

6ème et dernière présentation, en anglais par Mme Nuhaily sur les départements et centres de recherche de l’UCSD liés à l’innovation dans les sciences du vivant et sur le développement des Biotechnologies à San Diego. Description des 6 facteurs qui ont permis de transformer la région de San Diego en un véritable parc économique des Biotechnologies. Premier facteur : investissement de l’état dans les années 50 et 60 dans des infrastructures telles que l’extension du campus de l’UCSD. Deuxième facteur : attirer des scientifiques de renom à San Diego dont neuf ont eu des Prix Nobel. Troisième facteur : création de fonds privés pour soutenir l’innovation. Quatrième facteur : culture de collaboration entre tous les départements et instituts de l’UCSD. Cinquième facteur : volonté de dispenser un enseignement supérieur de qualité avec des moyens de haute technologie. Sixième facteur : qualité de vie à San Diego pour les chercheurs et les ingénieurs.

Après ces 6 interventions, le modérateur, Mr Faivre lance le débat en sollicitant le public pour les questions. 2 personnes expriment leur admiration devant le témoignage de Mr Boussard sur la disparition de son entreprise. Un consultant sollicite l’avis de l’investisseur représenté par Mr Martinez sur la méthode américaine décrite par Mme Nuhaily.

2ème table ronde : Ressources humaines et compétences transversales : exemples

Par le modérateur, Mr Fabrice Bardèche, Directeur Général de Ionis Education Group. Présentation des 7 intervenants :

  • Mme France Normand-Plessier, déléguée générale de l’association Adebiotech
  • Mme Claudie Jover-Biyoghé, chef de projet LEEM sur la mutualisation des compétences
  • Mme Florence Ghrenassia, responsable de la valorisation et du transfert de technologie à l’AP-HP
  • Mme Laurence Friteau, Directrice d’agence Kelly Scientifique, Paris
  • Mr William Neilson, Chairman cabinet de recrutement TalentMark ; Londres
  • Mr Jean-Philippe Laval, CEO Discngine, société de Biocitech
  • Mr Frank Tetaz, associé cabinet Regimbeau

Chaque intervenant a 10 min pour faire sa présentation.

1ère présentation faite conjointement par Mme Normand-Plessier et Mme Jover-Biyoghé sur les besoins en compétences dans les Biotechnologies de la santé. Intérêt du LEEM (syndicat des entreprises du médicament) pour les Biotech car 50% des médicaments de demain seront des biomédicaments. Nécessité d’avoir des profils mixtes sciences & culture de l’entreprise avec de solides capacités en management et en communication écrite et orale, en français comme en anglais. Certaines compétences scientifiques doivent être renforcées comme les biostatistiques, la pharmacologie, la pharmacovigilance, la galénique… Pour les TPE qui n’ont pas toujours les moyens de recruter dans l’immédiat des personnes à temps plein avec des compétences spécifiques, dispositif de mutualisation des compétences (1 même personne apporte ses compétences à plusieurs entreprises à la fois à temps partiel) mis en place.

2ème présentation passionnée de Mme Ghrenassia sur l’intérêt de faire du transfert de technologie et de la valorisation de la recherche et les compétences requises. La valorisation concerne aussi bien le public que le privé et les chercheurs doivent être sensibilisés. Soutiens de l’Etat avec la loi sur l’Innovation en 1999 et la création des pôles de compétitivités. Equipe de valorisation avec une double compétence sciences & business, une solide expérience professionnelle, une bonne connaissance des PME, une culture du résultat et de la productivité. Plusieurs métiers possibles comme chargé de valorisation, chargé des relations industrielles, juriste spécialisé droit des contrats…Présentation de 2 réseaux nationaux sur la valorisation : Hôpital Tech Transfer et Réseau Curie.

3ème présentation par Mme Friteau sur le recrutement dans les Biotechnologies ; description du secteur Biotech Santé en France avec 20000 personnes employées répartis à 55% dans les Big Pharma et à 45% dans les PME. Besoins très différenciés dans les RH (recherche, développement clinique, industrialisation et commercialisation), recherche de profils doubles voire multiple compétences. Besoin de compétences individuelles, transversales, de profils seniors et apparition de nouveaux modèles comme la mutualisation des compétences. Pour finir, présentation du processus de recrutement chez Kelly Scientifique.

4ème présentation en anglais par Mr Neilson sur les compétences en médicomarketing et leur évolution à travers le cycle de développement du médicament : élaborer le médicament, le positionner sur le bon marché avec les bénéfices pour le patient et pour l’entreprise. Un bon état d’esprit peut même passer avant les compétences pour bien comprendre cette évolution de tâches.

5ème présentation par Mr Laval sur les profils d’ingénieurs double compétence informatique et biologie. Intérêt des outils informatiques pour les travaux de recherche pour modéliser, optimiser, automatiser…Besoin d’expertise scientifique informatique en programmation, data management, statistiques, acquisition et validation des données, création de modèles prédictifs. A l’heure actuelle, il y a encore une forte opposition entre l’informatique et les sciences et les formations Bio-informatiques ne sont pas assez orientées informatique. (Merci Mr Laval d'avoir mis à l'honneur l'informatique et les mathématiques, vous m'avez rendu service face aux étudiants Sup'Biotech présents dans l'auditoire en confirmant l'intérêt d'introduire des sciences dures dans un cursus Biotech)

6ème et dernière présentation par Mr Tetaz sur la double compétence sciences et brevets. Conformément à l’intervention de Mme Ghrenassia, il est indispensable de déposer des brevets et de stimuler la propriété intellectuelle (PI). Soit les entreprises sont de taille suffisante pour avoir leur cellule de PI soit l’entreprise peut se tourner vers des cabinets spécialisés en PI comme Regimbeau. Le conseiller en PI qui est de formation scientifique (bac + 5 minimum) et qui a ensuite suivi une formation complémentaire comme le CEIPI à Strasbourg est très recherché. Le brevet n’est pas isolé, autour s’articulent la marque, les droits d’auteur, le licensing, les royalties…
Après ces 6 interventions, le débat est ouvert avec le public et est de suite focalisé sur le risque de ne pas tomber dans les excès de brevets qui peuvent freiner le développement d’une entreprise.

Conclusion générale par Anne Pezet qui revient sur la mutualisation des compétences avec de premiers essais en cours au Génopole.

par Vanessa Proux, en direct de Biocitech